La France pousse pour reporter l’approbation de l’accord commercial entre l’Union européenne et le Mercosur, prévu pour signature samedi au Brésil. Ursula von der Leyen espérait finaliser le traité après vingt-cinq ans de négociations, mais Paris argue que les protections pour les agriculteurs français sont insuffisantes. Un diplomate européen avertit : « C’est maintenant ou c’est mort ».
Une course contre la montre s’est engagée pour la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur – Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay –, d’ici la fin de la semaine. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prévoyait de se rendre au sommet du Mercosur au Brésil ce samedi 20 décembre pour signer formellement ce traité controversé, qui concerne un marché de 700 millions de consommateurs. Cependant, la France a lancé une offensive pour reporter les échéances à l’année prochaine, estimant que « le compte n’y est pas pour protéger les agriculteurs français », selon l’entourage d’Emmanuel Macron.
Après plus de vingt-cinq ans de négociations, cet accord ambitieux favoriserait les exportations européennes de voitures, machines, vins et spiritueux, en échange d’une ouverture aux importations sud-américaines de viande, sucre, riz, miel et soja. Les agriculteurs français s’opposent fermement, craignant une concurrence déloyale. La Commission et des États membres, dont l’Allemagne, s’exaspèrent des manœuvres françaises, vues comme une tentative de faire capoter l’accord. Le gouvernement allemand a prévenu qu’un accord était « absolument nécessaire » cette semaine.
Bruno Retailleau, sénateur LR, a appelé Emmanuel Macron à sortir de « l’ambiguïté », notant que sa position a « varié en fonction du temps et en fonction du lieu ». Un mois plus tôt au Mexique, Macron s’était dit « plutôt positif », mais il a depuis réitéré que la France ne signerait pas en l’état. Un diplomate européen résume les enjeux : « C’est maintenant ou c’est mort ». La France mise sur une minorité de blocage au Conseil pour imposer des garanties supplémentaires, dans un contexte de colère agricole exacerbée par d’autres crises comme la dermatose nodulaire.