Le ministre Sébastien Lecornu a déclaré que l'urgence absolue est d'accélérer la vaccination des élevages touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Il a annoncé la mobilisation des vétérinaires des armées et dénoncé l'infiltration de militants ultragauche dans les manifestations des éleveurs. Une nouvelle réunion est prévue mardi après-midi à Matignon.
Sébastien Lecornu, lors des questions au gouvernement mardi 16 décembre, a insisté sur la nécessité d'accélérer la vaccination contre la DNC, qui touche les élevages bovins. « L’urgence absolue, c’est d’accélérer cette vaccination. Et, pour cela, on a besoin de doses, on a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques », a-t-il affirmé. Le gouvernement mobilisera les vétérinaires des armées pour soutenir cet effort.
En matinée, lors d'une réunion de deux heures à Matignon, Lecornu a demandé une accélération de la stratégie vaccinale adaptée à la réalité de chaque département. Il a également requis un état des lieux des contrôles sur les transports interdits d'animaux, un plan d'accompagnement pour les petits élevages et un plan de repeuplement adapté à l'Occitanie. Une visioconférence avec ministres et préfets est convoquée à 17h30.
Les agriculteurs protestent depuis plusieurs jours contre la gestion de l'épidémie de DNC et le traité Mercosur. Plusieurs axes routiers restent bloqués mardi, après la visite d'Annie Genevard en Occitanie. La ministre de l'Agriculture a défendu l'élargissement de la vaccination dans le Sud-Ouest, visant 600 000 à 1 million de bovins, comme premier infléchissement du protocole. Les trois piliers restent l'abattage systématique, la vaccination et la restriction des mouvements. Une cellule de dialogue scientifique avec experts et professionnels sera créée dès mardi.
Par ailleurs, Lecornu a dénoncé l'amalgame entre éleveurs et 40 à 50 militants ultragauche infiltrés avec « des armes par destination ». « Il n’y a pas de place pour cette violence », a-t-il lancé aux députés de La France insoumise.
Sur le Mercosur, Emmanuel Macron a exprimé à Ursula von der Leyen et Antonio Costa que l'accord ne protège pas suffisamment les agriculteurs français. Marine Le Pen a appelé à dire non pour la survie de l'agriculture. La France plaide pour un report du vote à 2026, mais l'exécutif européen a refusé.