Le premier ministre Sébastien Lecornu entame une série de rencontres avec les syndicats d'agriculteurs à partir du 5 janvier pour apaiser les tensions. Le gouvernement promet des mesures inédites en janvier, incluant une suspension d'importations sud-américaines et une posture plus ferme envers l'Union européenne. Les agriculteurs, prêts à se mobiliser à nouveau, jugent cependant ces annonces insuffisantes.
Après une brève trêve pendant les fêtes, les agriculteurs français se préparent à relancer leurs actions pour exprimer leur mécontentement face aux crises qui les affectent. Le premier ministre Sébastien Lecornu a programmé des entretiens avec les principaux syndicats à Matignon : les Jeunes agriculteurs (JA) le lundi 5 janvier à 15 heures, la Coordination rurale (CR) à 18 heures, la FNSEA le mardi à 17h30, et la Confédération paysanne ensuite.
Dans une lettre ouverte publiée dimanche, M. Lecornu reconnaît un « sentiment d’injustice profonde » dans la profession et s’engage à une « phase plus ferme, plus offensive » vis-à-vis de l’UE. Il appelle à renforcer les contrôles aux frontières pour les produits non conformes aux normes européennes. Parallèlement, le gouvernement, avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, suspend par arrêté les importations de fruits et légumes d’Amérique du Sud contenant des résidus de fongicides et herbicides interdits en Europe, tels que le mancozèbe, le glufosinate, le thiophanate-méthyl et le carbendazime. Cet arrêté, attendu mardi au Journal officiel, requiert l’approbation de Bruxelles.
Les défis persistent : une épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) frappe les bovins, avec 74,7 % du cheptel vacciné au 4 janvier dans le Sud-Ouest, mais l’immunité n’est acquise qu’après 21 jours ; trois nouveaux foyers ont été détectés en Ariège. Les céréaliers souffrent de faibles cours du blé et de prix élevés des engrais, tandis que l’accord UE-Mercosur, prévu pour le 12 janvier, menace d’accroître la concurrence.
Les syndicats unanimes contre cet accord divergent sur la gestion de la DNC : la CR et la Confédération paysanne exigent une vaccination généralisée des 16 millions de bovins et l’arrêt des abattages intégrals. La FNSEA critique l’« absence de vision » et réclame une « loi d’exception agricole » pour assouplir les réglementations. José Pérez, président de la CR47, avertit : « Si ça se passe mal, il faudra monter à Paris, en tracteur, en voiture… ».
Des arrêtés préfectoraux interdisent jusqu’au jeudi la circulation de convois de tracteurs dans plusieurs régions, dont l’Est, la Nouvelle-Aquitaine, l’Ouest et les Hauts-de-France, pour prévenir des blocages à Paris.