Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a suspendu pour un mois Bernard Bazinet, maire d'Augignac en Dordogne, suite à des propos antisémites tenus sur Facebook. Cette sanction, préférée à une révocation, laisse aux électeurs le jugement lors des municipales de mars. L'édile avait déjà été exclu du Parti socialiste en décembre.
La sanction contre Bernard Bazinet, maire d'Augignac, une commune de 825 habitants en Dordogne, a été prononcée jeudi 1er janvier par un arrêté publié au Journal officiel. Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a opté pour une suspension d'un mois plutôt qu'une révocation, estimant que l'élu « n'avait plus l'autorité morale nécessaire pour exercer ses fonctions de maire », selon son entourage.
Les faits remontent à un commentaire posté par Bazinet sous une publication Facebook de Libération sur la participation d'Israël à l'Eurovision 2026. L'édition fait l'objet d'appels au boycott de plusieurs pays. L'édile avait écrit : « Oui au boycott ! La France est trop youpine pour boycotter », laissant entendre une influence de la communauté juive, après la confirmation de la participation française et son soutien à Israël.
Le 22 décembre, Nuñez avait déjà condamné fermement ces propos. Plus tôt, le 9 décembre, le Parti socialiste avait exclu Bazinet de ses rangs. « Il a utilisé des termes inacceptables issus des pires extrêmes. L'antisémitisme est un mal odieux. Aucune tolérance, aucune explication n'est entendable », a déclaré le parti.
Cette mesure intérimaire renvoie la décision définitive aux habitants d'Augignac, qui voteront lors des élections municipales de mars pour évaluer la gravité des actes de leur maire.