Les habitants de l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon, unique territoire d’outre-mer dans l’Atlantique Nord comptant 6 000 résidents, affichent une confiance historique face aux tensions géopolitiques avec les États-Unis sous Donald Trump. Les élus prévoient d’intensifier les liens avec le Canada, leur principal partenaire. Une sénatrice locale critique la délégation récente de la gestion d’une partie de l’espace aérien au Canada.
L’évocation de Donald Trump, président américain imprévisible, chez les habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon provoque des réactions mixtes : moquerie sur sa folie apparente et confiance tirée des leçons historiques. Cet archipel de 6 000 habitants, seul territoire français d’outre-mer dans l’Atlantique Nord, se souvient du ralliement à la France libre organisé par l’amiral Émile Muselier le 25 décembre 1941, après son adhésion à Charles de Gaulle en juin 1940.
Face aux tensions actuelles avec les États-Unis, les élus locaux, dominés par le parti centriste de gauche Cap sur l’avenir qui contrôle les deux communes, cherchent à consolider les relations avec le Canada. Annick Girardin, sénatrice et ancienne ministre des outre-mer et de la mer sous Emmanuel Macron de 2017 à 2022, a interrogé le gouvernement le 21 janvier sur la décision de confier la gestion de la zone d’approche aérienne (en dessous de 6 000 pieds) à des moyens canadiens.
« La France n’est pas capable d’envoyer trois fonctionnaires pour gérer la tour de contrôle et délègue une partie de son espace aérien au Canada. On me répond que c’est un choix technique qui n’engage pas la souveraineté, mais ce n’est pas un bon signal dans le contexte actuel », a déclaré Girardin au Monde. Cette mesure technique soulève des interrogations sur la souveraineté française dans un climat géopolitique tendu.