Le régulateur de l'information ordonne à SARS de publier les dossiers fiscaux de Zuma

Le régulateur de l'information d'Afrique du Sud a contraint le Service des impôts sud-africain (SARS) à divulguer les dossiers fiscaux de l'ancien président Jacob Zuma, en critiquant la gestion indulgente de l'agence face à son non-respect. Cette décision fait suite à une bataille de sept ans en vertu de la loi sur la promotion de l'accès à l'information. Le jugement met en lumière l'intérêt public à la transparence concernant les affaires fiscales de Zuma et les éventuelles irrégularités du SARS.

En février 2019, le média d'investigation amaBhungane et le journaliste Warren Thompson ont déposé des demandes en vertu de la loi sur la promotion de l'accès à l'information (Paia) pour accéder aux dossiers fiscaux de Jacob Zuma. Ils soupçonnaient Zuma de ne pas avoir déclaré tous ses revenus et que le SARS le traitait avec indulgence. Après des refus initiaux, l'affaire a été portée devant la Cour constitutionnelle, qui a statué en mai 2023 que la législation fiscale et la Paia étaient inconstitutionnelles dans la mesure où elles empêchaient les divulgations d'intérêt public relatives aux informations des contribuables.

Suite à cette victoire, amaBhungane a resoumis des demandes en décembre 2023 pour les déclarations fiscales de Zuma et les documents connexes. Le SARS a de nouveau refusé l'accès, affirmant l'absence de preuve de violation légale. L'affaire a alors été portée devant le régulateur de l'information, où la présidente, l'avocate Pansy Tlakula, a émis un avis d'exécution mercredi, ordonnant une divulgation complète.

Le régulateur a confirmé la disposition de la Paia sur l'intérêt public, qui exige la divulgation si elle révèle un non-respect substantiel de la loi et si les avantages publics l'emportent sur les préjudices. Il a établi que Zuma avait déposé ses déclarations en retard chaque année pendant sa présidence, seulement après des mises en demeure finales, sous-déclaré ses impôts en 2017 et 2018 avec des pénalités, fait face à des accusations criminelles pour fausses déclarations, et omis des revenus bruts ou des faits matériels. Ces infractions répétées, chacune passible d'emprisonnement, constituaient des violations substantielles, surtout de la part d'un président.

Le régulateur a également noté des irrégularités potentielles du SARS, qualifiant son 'approche souple' d'échec à appliquer diligemment les lois fiscales, soulevant des questions sur l'équité dans la gestion des affaires de Zuma. La divulgation, selon l'avis, favorise la transparence, la responsabilité et la confiance dans les institutions, en dissuadant l'évasion fiscale par les responsables. Bien qu'il reconnaisse les préoccupations relatives à la vie privée, il a jugé les informations de nature commerciale, limitant toute intrusion. Ce jugement souligne le rôle du régulateur dans le respect des obligations constitutionnelles face à l'affaiblissement des institutions étatiques.

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