Chambre basse approuve le texte de base pour la taxation du streaming

La Chambre des députés du Brésil a approuvé mardi (4) le texte de base du PL 8889/17, réglementant le streaming et imposant des taxes pour stimuler la production audiovisuelle brésilienne. Le vote sur 14 amendements est prévu pour mercredi (5), et le texte pourrait encore changer. Des plateformes comme Netflix et YouTube devront payer des contributions à la Condecine, à 4 % pour les services payants et 0,8 % pour les ouverts.

Le projet de loi 8889/17, rapporté par le député Doutor Luizinho (PP-RJ), exige que les plateformes de vidéo à la demande au Brésil, payantes ou gratuites, contribuent à la Condecine, qui finance le Fonds Sectoriel de l'Audiovisuel (FSA). Pour les plateformes fermées comme Netflix, Prime Video, Globoplay, Apple TV+ et Disney+, le taux est de 4 % sur le chiffre d'affaires brut annuel, avec jusqu'à 60 % déductible via des investissements dans l'acquisition de licences de productions brésiliennes. Les plateformes ouvertes, y compris YouTube, TikTok, Instagram et Kwai, paient jusqu'à 0,8 %, sans options de déduction directe.

Les ressources du FSA soutiendront des projets de créateurs de contenu brésiliens, tels que des influenceurs et des YouTubers, après le retrait d'un amendement antérieur suite à des discussions avec le Ministère de la Culture. Les plateformes devront allouer 10 % de leurs catalogues à des œuvres nationales dans un délai de six ans. Jusqu'à 40 % des contributions peuvent être déduites via des investissements directs dans des producteurs brésiliens enregistrés auprès de l'Ancine, bénéficiant à des entreprises comme Globoplay.

Un rapport de l'Ancine de 2024 indique que le contenu brésilien représente 8,5 % des catalogues de streaming dans le pays, variant de 1 % sur Disney à 28 % sur Globoplay. Des sources du secteur prédisent plus d'œuvres nationales sur les plateformes étrangères dans les années à venir, mais divergent sur les impacts pour les consommateurs. Une source d'une grande plateforme affirme que les prix d'abonnement ne changeront probablement pas de sitôt, plus affectés par des facteurs comme les taux de change. Une autre, liée à des producteurs, estime que la taxe n'impacte pas significativement les marges de profit.

L'approbation a créé des tensions dans le gouvernement Lula. Le Ministère de la Culture a négocié séparément avec le rapporteur, plaidant pour un taux de 6 %, mais le texte a conservé 4 %. D'autres ministères, comme celui du Développement et des Relations Institutionnelles, ont critiqué le timing, craignant qu'il ne gêne les négociations tarifaires avec les États-Unis, dont les entreprises sont les plus touchées. Le Canada a fait face à une résistance similaire des États-Unis avec une loi comparable. Dans un communiqué, le MinC a déclaré qu'il agit en coordination, aligné sur les intérêts de souveraineté nationale.

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