Le juge du STF Alexandre de Moraes a ordonné à la Police fédérale d'enquêter sur le crime organisé à Rio de Janeiro dans le cadre de l'ADPF das Favelas. Cette décision fait suite à l'opération Contenção, qui a fait 121 morts dans les complexes de Penha et Alemão. Moraes s'est réuni avec des groupes de la société civile, promettant une plus grande implication de la Cour suprême et des expertises indépendantes sous supervision fédérale.
Le mercredi 5 novembre 2025, le juge du STF Alexandre de Moraes, rapporteur de l'ADPF 635 (connue sous le nom d'ADPF das Favelas), a ordonné à la Police fédérale d'ouvrir une enquête sur le crime organisé à Rio de Janeiro. Cette mesure vise à enquêter sur des indices de crimes ayant des répercussions interétatiques et internationales, ainsi que sur les activités de groupes criminels violents et leurs liens avec des agents publics. Le mandat d'une page fait référence à une pétition scellée du 29 août, mais il a pris de l'ampleur maintenant, de manière autonome par rapport à la décision de l'ADPF.
Cette décision découle de l'opération Contenção, menée en octobre dans les complexes de Penha et Alemão dans le nord de Rio, qui a fait 121 morts, la plus meurtrière de l'histoire de l'État. Moraes a pris la relance après la retraite de Luís Roberto Barroso et, dans l'une de ses premières actions, s'est réuni le lundi 3 novembre avec le gouverneur Cláudio Castro (PL-RJ) pour discuter du bilan de l'opération. Le gouverneur a été convoqué pour fournir des éclaircissements sur les critères de l'action, le nombre d'agents impliqués et les circonstances des décès.
Le mercredi, Moraes s'est réuni pendant plus de deux heures, en deux sessions, avec des représentants d'organisations de droits humains et de la société civile. Les participants ont rapporté que le juge a promis une plus grande implication du STF dans les enquêtes et a garanti des expertises sous supervision fédérale pour assurer l'impartialité. Les groupes ont exprimé des préoccupations concernant l'intégrité des preuves et les actions des agences étatiques, et le Défenseur public fédéral avait demandé une préservation rigoureuse des traces. Moraes a ordonné la conservation complète des preuves, des expertises et des chaînes de garde.
L'ADPF 635, déposée par le PSB en 2019 et soutenue par des mouvements sociaux, impose des règles aux opérations policières, telles que des caméras corporelles, une notification au Parquet public et des restrictions sur les actions dans les communautés pour réduire les abus et la létalité. La première mesure d'injonction a été accordée par Edson Fachin le 5 juin 2020, suspendant les opérations pendant la pandémie de Covid-19 sauf dans des cas exceptionnels. Depuis 2020, Rio a enregistré 5 039 opérations ; du 1er janvier au 15 octobre 2025, il y en a eu 786. Dans les complexes de Penha et Alemão, au moins 45 actions ont été signalées. Castro a déclaré que l'opération respectait les règles avec un 'usage proportionné de la force', mais a critiqué l'ADPF comme 'maudite' pour entraver l'accès policier aux communautés. L'administration Castro n'a pas commenté la décision de Moraes jusqu'à la publication des rapports.