Le consulat général du Nigeria à Johannesburg a émis un avis de sécurité à l'attention de ses citoyens en prévision des manifestations nationales anti-étrangers prévues pour le lundi 4 mai 2026. L'alerte met en garde contre des rassemblements dans les neuf provinces d'Afrique du Sud visant les ressortissants étrangers. Les Nigérians et d'autres migrants africains sont de plus en plus inquiets face à la montée des tensions.
Le consulat général du Nigeria à Johannesburg a publié cet avis dimanche, signé par le consul général, l'ambassadeur Ninikanwa Okey-Uche. Il indique que des groupes anti-étrangers se mobilisent pour des manifestations dans les neuf provinces d'Afrique du Sud, dans le but de faire pression sur le gouvernement pour qu'il agisse contre les ressortissants étrangers. Les manifestants affirment que les étrangers bénéficient de manière disproportionnée des ressources et exigent le départ des migrants, qu'ils soient munis de documents ou non.
À Johannesburg, les manifestants devraient se rassembler à Mary Fitzgerald Square dans le quartier de Newtown entre 10h et 11h, et présenter un mémorandum aux alentours de midi. Des perturbations pourraient survenir dans les grandes villes, notamment Johannesburg, Pretoria, Le Cap et Durban. "Il est vivement conseillé à tous les ressortissants nigérians d'éviter tout engagement avec les manifestants ou toute confrontation avec eux", précise l'avis. Les propriétaires d'entreprises nigérians ont été invités à fermer temporairement leurs commerces, car les entreprises appartenant à des étrangers pourraient devenir des cibles.
Cette alerte fait suite à une montée des tensions xénophobes, le consulat ayant confirmé la mort de deux Nigérians : Amaramiro Emmanuel, décédé des suites de blessures lors d'une rencontre avec le personnel de la Force de défense nationale sud-africaine le 20 avril, et Ekpenyong Andrew, retrouvé mort à la morgue centrale de Pretoria après une altercation avec la police métropolitaine de Tshwane. Environ 130 Nigérians se sont inscrits pour des vols de rapatriement volontaire organisés par le gouvernement fédéral du Nigeria.
Des experts, dont l'ancien porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ogbole Amedu Odey et l'analyste Dengiyefa Angalapu, ont appelé à un renforcement de la protection consulaire, à un engagement diplomatique et à une coopération bilatérale pour traiter les problèmes de gouvernance et économiques qui alimentent les tensions. Le Nigeria a convoqué le haut-commissaire par intérim de l'Afrique du Sud, tandis que les autorités des deux pays s'engagent à maintenir l'ordre.