Le Suriname poursuit l'exploitation pétrolière offshore au milieu d'objectifs de carbone négatif

Le Suriname, le pays le plus boisé au monde et une nation à bilan carbone négatif, s'apprête à lancer une importante production pétrolière offshore en 2028 malgré ses atouts environnementaux. Le projet avec TotalEnergies promet une croissance économique mais soulève des questions sur l'équilibre entre combustibles fossiles et développement vert. Les dirigeants visent à utiliser les revenus pétroliers pour financer des initiatives durables tout en préservant la forêt amazonienne.

Le Suriname, qui couvre plus de 90 pour cent de son territoire de forêt amazonienne, revendique depuis longtemps un statut de carbone négatif en absorbant plus de gaz à effet de serre qu'il n'en émet. Cela a changé avec la découverte de vastes réserves pétrolières offshore, menant à un partenariat avec TotalEnergies pour le projet GranMorgu. À partir de 2028, la plateforme pompera près de 250 000 barils de brut par jour, assez pour approvisionner les conducteurs du Colorado, et générera des milliards de revenus, stimulant l'économie de plus de 50 pour cent la première année.

L'initiative découle d'un désespoir économique. Avec des revenus mensuels moyens inférieurs à 500 dollars en 2024 et un défaut de paiement de dette en 2020, le Suriname a restructuré ses finances en s'appuyant sur les perspectives pétrolières. Staatsolie, la compagnie pétrolière d'État, a négocié des termes favorables : une redevance de 6,25 pour cent —le double du taux du Guyana—, un impôt sur les sociétés de 36 pour cent, et une participation de 20 pour cent au projet, sécurisant jusqu'à 70 pour cent des revenus au total.

Le président Chandrikapersad Santokhi, dans ses remarques au Sommet sur l'énergie du Suriname en juin, l'a qualifié de 'nouvelle chance pour un développement durable', insistant sur l'alignement entre pétrole et compensations carbone. Les plans incluent le financement de l'écotourisme, de l'agriculture adaptée au climat, des défenses contre les inondations comme des barrières de mangroves et des égouts pluviaux, et le passage à l'énergie solaire et hydroélectrique à partir de combustibles importés. L'ancien ministre de l'Environnement Marciano Dasai a souligné la diversification : 'Nous pouvons dire : “OK, faisons le pétrole et le gaz … pour sortir de la dette et réaliser la transformation vers une économie verte”.'

Pourtant, des défis se profilent. Le projet extraira 750 millions de barils, avec des émissions de combustion dépassant largement la séquestration locale. Une élection en mai 2025 a vu Jennifer Geerlings-Simons devenir la première femme présidente, suspendant les dividendes pétroliers pour les citoyens afin d'investir dans la durabilité. Des critiques comme Gina Griffith de Conservation International soulignent les contradictions, exhortant à une diversification au-delà de l'extraction. Total s'engage à des plates-formes à faibles émissions, réinjectant du gaz pour maintenir la négativité carbone au niveau national, tandis que le Suriname envisage la vente de crédits carbone de ses forêts pour compenser les impacts globaux.

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