Dans le prolongement de ses récentes mises en garde, le président américain Donald Trump a vivement critiqué les alliés de l'OTAN à la Maison Blanche pour avoir refusé d'aider à sécuriser le détroit d'Ormuz dans le cadre du conflit opposant les États-Unis à l'Iran. Il a qualifié leur position d'"erreur très stupide" et a évoqué la possibilité d'un retrait des États-Unis de l'alliance. Le chancelier allemand Friedrich Merz a rejeté toute implication militaire de l'Allemagne.
Lors d'une réunion à la Maison Blanche avec le Premier ministre irlandais Micheál Martin lundi, le président Donald Trump a exprimé sa vive déception face au refus des alliés de l'OTAN d'aider à sécuriser le détroit d'Ormuz, qui est perturbé depuis l'escalade de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, déclenchée par les attaques de pétroliers iraniens et les frappes américaines sur les sites nucléaires.
M. Trump a qualifié la position des alliés de "tout à fait choquante" et d'"erreur très stupide", la qualifiant de "test" critique pour l'alliance. Il a laissé entendre qu'il pourrait reconsidérer l'adhésion des États-Unis, déclarant : "C'est certainement quelque chose à laquelle nous devrions réfléchir. Je n'ai pas besoin du Congrès pour prendre cette décision". M. Trump a affirmé que l'Europe avait tout intérêt à ce que les États-Unis réussissent à contrer l'Iran, ajoutant : "S'ils disent que l'Iran est une menace mais qu'ils ne veulent pas nous aider, je pense que c'est très stupide". Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a qualifié l'OTAN de "voie à sens unique" et a insisté sur l'autosuffisance militaire des États-Unis.
Le sénateur républicain Lindsey Graham s'est fait l'écho de la frustration sur X, écrivant qu'il n'avait "jamais vu Trump aussi en colère" et qu'il partageait ce sentiment compte tenu des enjeux. Le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) s'est fermement opposé au déploiement de la Bundeswehr, déclarant : "Les États-Unis et Israël ne nous ont pas consultés avant cette guerre. L'OTAN est une alliance de défense, pas une alliance d'intervention, donc l'OTAN n'est pas nécessaire ici".
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, reste fermé en raison des actions de l'Iran, ce qui a fait grimper les prix du pétrole à des niveaux inégalés depuis plusieurs années et a interrompu le transport maritime. M. Martin, de l'Irlande, a souligné la valeur des liens transatlantiques et des possibilités de dialogue. Les remarques de M. Trump s'inscrivent dans le prolongement de l'interview qu'il a accordée dimanche et dans laquelle il a pour la première fois averti que l'avenir de l'OTAN pourrait être menacé sans le soutien des alliés.