Le Tribunal supérieur électoral (TSE) du Brésil débat de la création de commissions d'hétéro-identification pour vérifier les candidatures noires et prévenir les fraudes dans la quote de 30 % des fonds électoraux et partisans pour les élections de 2026. La proposition sera discutée lors d'audiences publiques avant une décision des ministres. Cette mesure vise à combler les failles observées lors d'élections passées.
Le TSE prévoit d'adopter un système similaire à celui utilisé dans les universités et les examens publics, où des commissions évaluent le phénotype pour confirmer les auto-déclarations raciales. Cette initiative fait suite à des fraudes détectées, telles que des changements dans les déclarations de race et de couleur par au moins 42 000 candidats entre les élections municipales de 2020 et 2024, selon un sondage de Folha.
Les commissions de la cour, y compris celle pour l'égalité raciale, examineront la proposition pour les règles de 2026. Elles feront l'objet d'audiences publiques et, d'ici mars 2026, seront soumises au vote du plénum du TSE par résolution. La quote minimale de 30 % a été fixée par un amendement constitutionnel approuvé par le Congrès en 2024, après une amnistie pour violation de la règle proportionnelle de 2022, qui exigeait des transferts égaux au pourcentage de candidats noirs et métis.
Gabriela Cruz, responsable de Tucanafro du PSDB, indique que les partis ont demandé les commissions en 2024, mais la proposition est arrivée après la date limite. « Nous nous organisons pour la redemander. Les quotas ont été créés pour donner des opportunités aux personnes noires et métisses d'occuper des postes de pouvoir. Nous avons besoin de cette vigilance dans l'identification pour combattre les fraudes », déclare-t-elle. Le groupe promet sa propre vérification si le TSE n'avance pas.
Martvs Chagas, secrétaire national du PT à la lutte contre le racisme, affirme que le parti mettra en place la structure pour 2026 afin de créer un malaise pour les fraudeurs. Des failles persistent, comme les associations entre candidats blancs et noirs dans les campagnes, où les fonds de quota financent une propagande commune. L'avocat Ricardo Porto explique que cette stratégie est légale si elle n'implique pas un simple transfert de fonds, considéré comme fraude par la Justice électorale.
L'ONG Educafro a contesté le non-respect devant le STF, en tenant des réunions avec l'ancien président Luís Roberto Barroso sans progrès. Sous Edson Fachin désormais, l'affaire attend un nouveau ministre après la retraite de Barroso. Frei David, fondateur d'Educafro, critique les pratiques comme les maires blancs avec des colistiers noirs pour détourner des fonds, courantes dans tout le Brésil.