Les archéologues ont mis au jour d'anciens ateliers industriels de la Basse Époque au début de l'époque ptolémaïque, ainsi qu'un cimetière romain, sur les sites de Kom al-Ahmar et Kom Wasit dans le delta occidental du Nil en Égypte. Le ministère du Tourisme et des Antiquités a annoncé la découverte mardi, mettant en avant un grand bâtiment industriel avec des salles dédiées au traitement du poisson et à la fabrication d'outils. Cette découverte jette un nouvel éclairage sur les réseaux commerciaux de la région.
Une annonce passionnante d'une mission archéologique égypto-italienne a révélé des découvertes importantes dans le delta occidental du Nil en Égypte, près d'Alexandrie. Datant du Ve siècle av. J.-C., le site comprend un grand bâtiment industriel avec au moins six salles. Deux d'entre elles étaient consacrées au traitement massif de poisson, comme l'attestent les quelque 9 700 os de poisson retrouvés, signe d'une industrie florissante de poisson salé durant la Basse Époque et le début de l'époque ptolémaïque.
Mohamed Abdel Badie, chef du secteur des Antiquités égyptiennes, a expliqué que d'autres salles servaient vraisemblablement à la production d'outils en métal et en pierre, ainsi qu'à des amulettes en faïence. Les archéologues ont récupéré plusieurs statues en calcaire inachevées et des pièces en phase de production, accompagnées de poteries grecques importées et d'amphores qui ont permis de dater les activités.
Les fouilles ont aussi permis de découvrir une partie d'un cimetière romain comportant trois modes d'inhumation : inhumations directes en terre, inhumations dans des cercueils en poterie et inhumations d'enfants dans de grandes amphores. Mohamed Ismail Khaled, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, a qualifié cette découverte d'ajout clé à la compréhension des schémas d'occupation et de la vie industrielle dans les terres intérieures du delta occidental. Elle fournit de nouvelles preuves sur les réseaux de commerce et de communication de la Basse Époque jusqu'au début de l'ère islamique.
Une analyse bioarchéologique est en cours sur les restes de 23 individus, hommes, femmes et enfants. Cristina Mondin, responsable de la mission pour l'université de Padoue, a présenté des résultats préliminaires indiquant que ces personnes bénéficiaient d'une santé relativement bonne, sans traces de maladies graves ou de blessures violentes. Des dizaines d'amphores intactes et une paire de boucles d'oreilles en or provenant d'une jeune fille ont été transférées au musée égyptien du Caire pour restauration et étude.