Le congrès d'Arequipa s'achève sans annoncer la prochaine ville hôte

Le 10e Congrès international de la langue espagnole s'est conclu à Arequipa sans l'annonce habituelle de la prochaine ville hôte dans trois ans. Les tensions entre les institutions organisatrices, telles que l'Académie royale espagnole et l'Institut Cervantes, ont éclipsé l'événement. L'Association des académies de la langue espagnole a publié un communiqué omettant le Cervantes et louant le président de la RAE.

Le 10e Congrès international de la langue espagnole (CILE) s'est terminé vendredi à Arequipa, au Pérou, sans révéler la ville qui accueillera le prochain événement en 2028, rompant avec la tradition d'annoncer cela lors de la session de clôture. Eduardo Hopkins, président de l'Académie péruvienne de la langue, a fait allusion aux tensions pendant les préparatifs : « On débattait parce que c'est comme ça qu'on fait les choses. On discute, on n'impose pas », en référence aux débats sur des détails comme les tables rondes ou les expositions.

La sélection de la ville hôte nécessite un consensus entre l'Association des académies de la langue espagnole (Asale), qui regroupe 23 académies dont l'Académie royale espagnole (RAE), et l'Institut Cervantes, qui privilégie généralement les villes secondaires. Le clash entre Luis García Montero, directeur du Cervantes, et Santiago Muñoz Machado, directeur de la RAE et président de l'Asale, semble avoir empêché l'annonce. De plus, la ville candidate doit financer l'événement ; le gouvernement péruvien a investi plus de quatre millions d'euros.

Quelques heures avant la clôture, l'Asale a publié un communiqué dont la RAE s'est auto-exclue, car Muñoz Machado a refusé d'y participer en raison du contenu des délibérations. Le texte remercie les autorités et institutions mais omet l'Institut Cervantes, co-organisateur avec le gouvernement péruvien. Il mentionne le soutien du roi Felipe VI pour renforcer la langue espagnole et loue le « ferme leadership intellectuel et culturel » de Muñoz Machado, en soutenant unanimement son programme.

L'Asale a exprimé sa satisfaction quant aux délibérations sur des thèmes comme le métissage et l'interculturalité, un langage clair et accessible, et les cultures numériques et l'intelligence artificielle. Lors de la clôture, Francisco Javier Pérez, secrétaire général de l'Asale, a cité Andrés Bello : « La langue, nous la faisons tous », et a noté que « les temps du purisme sont heureusement derrière nous ». Parmi les autres intervenants figuraient Álvaro García Santa-Cecilia, Zoila Vega —qui a plaisanté sur l'absence de secousses sismiques—, Carmen Noguero, Alonso Ruiz Rosas —qui a proposé un congrès sur les langues indigènes—, Hugo Rojas Flores et Víctor Hugo Rivera. Un prix remis à des écoliers d'Arequipa a été mis en avant, leur mot préféré étant « calma ».

Malgré les désaccords, le congrès a souligné l'unité dans la diversité de la langue espagnole.

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