Les actions BlackRock ont chuté de 7 % après l'imposition de restrictions sur les retraits de son fonds phare de crédit privé, HLEND. Cette décision fait suite à une forte augmentation des demandes de rachat des investisseurs. Cette mesure a accentué les inquiétudes concernant la liquidité dans le secteur du crédit privé, dans un contexte d'incertitudes économiques plus larges.
BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, a connu une baisse significative de son cours de bourse, perdant 7 % en une seule séance. Cette chute a été provoquée par l'annonce de l'entreprise de limiter les retraits de son fonds phare de crédit privé, connu sous le nom de HLEND. Cette mesure a été mise en œuvre en réponse à une forte augmentation des demandes de rachat des investisseurs souhaitant retirer leurs fonds. Les demandes de rachat ont explosé récemment, mettant sous pression la capacité du fonds à répondre immédiatement à ces sorties de capitaux, en raison de la nature illiquide de certains de ses actifs sous-jacents, principalement des prêts à des entreprises privées qui ne sont pas facilement négociables sur les marchés publics. BlackRock a indiqué que cette restriction temporaire vise à protéger les intérêts à long terme des investisseurs restants en évitant une vente forcée d'actifs à des prix dépréciés, une pratique courante dans les fonds fermés face à des rachats massifs. Cette situation rappelle des épisodes passés dans l'industrie du crédit privé, où des fonds ont dû geler les retraits pour préserver leur valeur nette d'inventaire (VNI). Les analystes soulignent que, bien que le marché du crédit privé ait connu une expansion fulgurante, atteignant plus de 1 500 milliards de dollars d'actifs sous gestion globalement, il reste vulnérable aux chocs de liquidité, particulièrement en période d'incertitude macroéconomique. La Réserve fédérale a relevé ses taux d'intérêt de manière agressive depuis 2022 pour combattre l'inflation, rendant les prêts plus coûteux et augmentant le risque de défaut pour les emprunteurs privés. Parallèlement, les tensions géopolitiques, notamment autour de l'Ukraine et du Moyen-Orient, ont exacerbé l'aversion au risque des investisseurs institutionnels, qui détiennent la majorité des parts dans ces fonds. BlackRock, avec ses 10 000 milliards de dollars d'actifs sous gestion, domine le secteur, mais cet événement a alimenté les spéculations sur une contagion potentielle à d'autres acteurs majeurs comme Ares Management ou Apollo Global Management. Les cours de ces concurrents ont également reculé en après-Bourse, bien que dans une moindre mesure. Les régulateaux, tels que la SEC aux États-Unis, surveillent de près ces développements, craignant des risques systémiques similaires à ceux observés lors de la crise du Covid-19. Pour l'instant, BlackRock rassure en affirmant que la situation est contenue et que le fonds HLEND reste fondamentalement solide, avec un ratio de couverture des intérêts supérieur à 2x et un faible taux de défaut historique.