À Kourou, en Guyane, le déficit des finances publiques de 17,7 millions d’euros pèse sur la campagne municipale malgré un redressement budgétaire en 2015. La ville, dépendante de l’industrie spatiale, fait face à un déclin démographique et un chômage élevé. Sept listes s’affrontent pour succéder au maire François Ringuet.
Kourou, la ville spatiale de Guyane, est engagée dans une bataille électorale intense pour les municipales, avec sept listes candidates au premier tour, un record dans le département devant Cayenne, Saint-Laurent-du-Maroni et Matoury. Cette commune, dirigée depuis deux mandats par François Ringuet (divers droite, ex-Horizons), traverse une période de fin de règne marquée par des défis économiques et démographiques.
Depuis son placement en redressement budgétaire en 2015, Kourou accumule un déficit de 17,7 millions d’euros. La vente d’actifs a laissé la municipalité sans marges de manœuvre pour contrer le déclin, avec une perte de 2 000 habitants entre 2016 et 2022 selon l’Insee, et un taux de chômage de 26,1 % en 2022. Jean-Etienne Antoinette, ancien maire (divers gauche, 1996-2014) et candidat à nouveau après sa défaite en 2020, critique cet état de fait comme « l’échec de la politique communale des douze dernières années ».
La dépendance à l’industrie spatiale, pilier économique depuis les années 1960, explique en partie ces difficultés. Elle génère 1 500 emplois directs et 9 000 indirects, mais l’activité a baissé entre 2021 et 2024 en raison de la crise des lanceurs européens. Un rebond est observé avec sept lancements en 2025 et une dizaine prévus en 2026, bien que la diversification économique reste un défi majeur pour la ville.