Dans le cadre des élections municipales de 2026, Le Monde publie des portraits d'agents communaux. Aliette Caron, à l'état civil de Rouen, aide les usagers à naviguer les démarches administratives complexes. Kevin Le Derff, policier municipal à Marseille, sensibilise les jeunes aux dangers du protoxyde d'azote après une carrière militaire.
Les portraits publiés le 21 février 2026 dans Le Monde mettent en lumière le quotidien des agents communaux en France, à l'approche des élections municipales de 2026.
À Rouen, Aliette Caron, 53 ans, gagne 1 870 euros net par mois au service d'état civil. Le mercredi 4 février, dans la salle d'attente de l'ancien dortoir des moines, elle reçoit les usagers au guichet numéro 4. Son bureau comprend un écran, une agrafeuse, un lecteur d'empreintes digitales et une canette de soda. Elle aide Roselyne à refaire son passeport : vérification des informations sur France Titres, explication des cases à remplir, prise d'empreintes. « C’est bien vous ! », annonce-t-elle. La procédure dure dix minutes, et elle conseille de photographier le ticket de dépôt.
Onze guichets front office sur quatorze sont ouverts. En back office, dix agents traitent les dossiers et répondent au téléphone, au milieu du bruit de la broyeuse. La salle des registres, avec des archives depuis 1924, sert de refuge calme pour les pauses déjeuner.
À Marseille, Kevin Le Derff, 39 ans, perçoit 2 400 euros net mensuels comme policier municipal au service de prévention opérationnelle. Le matin, dans le centre de supervision urbaine du 3e arrondissement, il forme une douzaine d'adolescents du lycée professionnel de l'Estaque sur les dangers du protoxyde d'azote, un gaz hilarant populaire via Snapchat. Mesurant 1,87 mètre, avec un crâne rasé et un tatouage de scorpion, il utilise un PowerPoint et brandit des bonbonnes customisées, comme une aux couleurs de Marseille ou du jeu GTA. « Je suis comme vous sous mon uniforme, moi aussi j’ai fait des conneries », dit-il pour engager les lycéens.
Ancien légionnaire pendant vingt ans, déployé en Afghanistan, au Mali et en République centrafricaine, il a quitté la brigade de tranquillité publique, lassé des attitudes violentes. Il préfère désormais servir autrement dans les quartiers nord.
Ces témoignages soulignent les défis administratifs et de prévention dans les services municipaux.