Le Département de l'Agriculture a gelé la reclassification des terres, soulignant les risques de conversion des terres agricoles en sites solaires, comme observé dans les projets au ralenti de Solar Philippines.
En février 2026, le Département de l'Agriculture (DA) des Philippines a annoncé un gel de la reclassification des terres, considéré comme une étape cruciale pour protéger la sécurité alimentaire face aux projets d'énergie renouvelable. Une chronique de Rappler met en lumière les expériences mondiales du Japon, d'Europe et des États-Unis, où la conversion de terres agricoles productives en fermes solaires entraîne une hausse des prix alimentaires, une dépendance accrue aux importations et une volatilité économique. En exemple, elle cite Solar Philippines, fondée par l'homme d'affaires et représentant de Batangas Leandro Leviste. L'entreprise a rassemblé environ 10 000 hectares de terres à Luzon pour des parcs solaires et obtenu des contrats de service pour près de 12 000 mégawatts du Département de l'Énergie (DOE). Cependant, seuls 174 mégawatts, soit 2 %, sont entrés en exploitation commerciale. Les régulateurs ont entamé la résiliation de contrats couvrant plus de 11 400 mégawatts et imposé des pénalités pouvant atteindre 24 milliards ₱. Le coût d'opportunité est immense : si ces 10 000 hectares étaient utilisés pour du riz irrigué à un rendement de huit tonnes par hectare par an, cela produirait 80 000 tonnes de riz, valant plus de 2 milliards ₱ par an, potentiellement plus de 50 milliards ₱ sur la durée de vie du projet. Le solaire à grande échelle nécessite 1 000 hectares par gigawatt, limitant les terres agricoles, qui sont plus intensives en main-d'œuvre et génèrent des effets multiplicateurs pour l'économie rurale. En Europe, comme en Allemagne et en Italie, les terres agricoles productives sont désormais évitées pour le solaire, au profit des toits et friches industrielles. Aux États-Unis, plus de 420 000 acres de terres rurales sont utilisés pour les renouvelables. La conversion des terres n'est pas seulement une question d'aménagement, mais une décision macroéconomique affectant l'inflation et les changes. Le moratoire du DA confirme les terres agricoles comme infrastructure nationale stratégique, et non comme immobilier jetable.