Le comité de politique monétaire de la Banque centrale d'Égypte devrait maintenir ses taux d'intérêt inchangés lors de sa réunion de jeudi, après les baisses de décembre 2025 et février 2026. Cette décision intervient dans un contexte de hausse de l'inflation sous-jacente et de risques géopolitiques. Les experts qualifient ce maintien de l'option la plus prudente pour préserver la stabilité.
Le comité de politique monétaire de la Banque centrale d'Égypte tient sa deuxième réunion ordinaire de l'année jeudi pour décider des taux d'intérêt directeurs. En février, il avait réduit les taux de 1 point de pourcentage, les fixant à 19 % pour les dépôts, 20 % pour les prêts, et 19,5 % pour les taux de crédit, d'escompte et des opérations principales, dans le but d'ancrer les anticipations inflationnistes.
La banque centrale a rapporté en mars que l'inflation sous-jacente annuelle a atteint 12,7 % en février 2026, contre 11,2 % en janvier. L'inflation annuelle en milieu urbain a augmenté à 13,4 %, contre 11,9 % fin janvier, selon l'Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques.
Heba Mounir, analyste macroéconomique chez HC Securities, s'attend à ce que les taux restent inchangés en raison des risques géopolitiques liés à la guerre américano-israélienne contre l'Iran, qui a débuté le 28 février. Cette situation a entraîné une dépréciation de la livre égyptienne à 52,6 EGP pour un dollar et une hausse des prix du pétrole de 48 %, atteignant 107 dollars le baril. L'expert bancaire Mohamed Abdel Aal a déclaré : "Un gel reflète une position temporaire et prudente."
Shaimaa Wagih, une autre experte bancaire, a affirmé que le maintien des taux consolide les acquis face à la résurgence de l'inflation, préserve des taux réels positifs pour attirer les investisseurs et offre une flexibilité face aux chocs extérieurs tels que le conflit avec l'Iran.