Huit morts dans une fusillade dans un shebeen d’un township du Cap, sur fond de craintes d’extorsion

Huit personnes ont été abattues mortellement dans un shebeen du quartier informel de Marikana à Philippi East, le samedi 17 janvier, lors d’une attaque liée à l’extorsion. Les résidents attribuent la violence aux refus de payer des frais de protection. Deux suspects ont été arrêtés lundi au sein d’un groupe local d’extorsion.

L’attaque s’est produite peu après minuit, vers 0h15, lorsque des hommes armés ont fait irruption dans un shebeen et ont ouvert le feu sur les clients, selon la police. « C’est ce qui arrive quand les propriétaires de shebeens refusent de payer l’argent d’extorsion — ils finissent morts », a déclaré un résident terrifié à Daily Maverick.  Marikana a déjà connu des violences similaires : le 29 septembre 2017, 11 personnes ont été tuées, et trois jours plus tôt, sept ont été assassinées. Un homme d’affaires anonyme de Khayelitsha, Gugulethu, Nyanga et Philippi a averti que même des tâches simples comme les marquages de rue ont un coût, les petites entreprises payant de R500 à R1 000 par mois. Il a décrit son chagrin devant les étals abandonnés où des femmes vendaient de la viande et du vetkoek, désormais détruits en raison de refus de payer.  L’économie des townships, évaluée à R1 000 milliards selon le rapport d’octobre 2025 de Standard Bank, représente 19,5 % de l’emploi en Afrique du Sud, mais 80 % des entreprises sont non enregistrées et vulnérables aux extorsionnistes. Hubert Paulse, président du portefeuille Sécurité et sûreté de la Cape Chamber of Commerce & Industry, a indiqué que l’extorsion contraint les entreprises à fermer ou à subir des représailles violentes.  Les militants déplorent l’impunité des syndicats criminels, les chefs notoires n’étant pas identifiés par peur. Les travailleurs EPWP sont visés, ce qui provoque des retards de services comme l’accumulation d’ordures. L’infirmière Mavis (pseudonyme) paie des frais de protection pour effectuer en sécurité ses trajets vers son travail à Somerset West.  Le porte-parole de la police Andrè Traut a déclaré que la protection des communautés contre l’extorsion est une priorité de la SAPS dans le Western Cape, une équipe pluri-disciplinaire anti-extorsion ayant procédé à des arrestations. Entre le 1er avril 2024 et mi-décembre 2025, 331 personnes ont été arrêtées pour des infractions liées à l’extorsion, mais une seule condamnation a été prononcée. 571 cas font l’objet d’une enquête, avec R10,7 millions de pertes économiques. Les statistiques du deuxième trimestre 2025 font état de 111 cas d’extorsion, dont 50 liés aux frais de protection.  Le ministre par intérim de la Police Firoz Cachalia a annoncé en octobre un plan multi-agences piloté par le renseignement. En décembre 2025, deux agents municipaux d’application de la loi ont été arrêtés pour corruption. L’MMC du Cap pour l’eau et l’assainissement, Zahid Badroodien, et celui pour la sécurité, JP Smith, ont attribué les retards de services et la crise des townships à l’extorsion.

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