Le député socialiste Jérôme Guedj a annoncé jeudi 5 février sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, en refusant de participer à la primaire de la gauche unitaire. Il vise à représenter une gauche républicaine, universaliste et laïque, en rupture avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Cette déclaration marque une accélération du travail programmatique de la gauche non mélenchoniste.
Jérôme Guedj, député de 54 ans de l'Essonne et membre du Parti socialiste (PS), est devenu le premier socialiste à déclarer officiellement sa candidature à la présidentielle de 2027. Lors d'une interview sur France Inter le jeudi 5 février, il a présenté sa vision d'une « gauche républicaine, universaliste et laïque », intransigeante sur la République, la laïcité, l'universalisme, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. « Je suis le candidat pour porter d’abord cette question des valeurs : on ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l’universalisme. On est intransigeant sur les questions de lutte contre le racisme, de lutte contre l’antisémitisme », a-t-il déclaré.
Ancien frondeur de l'aile gauche du PS sous François Hollande (2012-2017), Guedj a refusé de participer à la primaire prévue le 11 octobre 2026 par les socialistes et les écologistes, qu'il qualifie de « baroque ». Bien que le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, y soit favorable et envisage de s'y présenter, aucune décision officielle n'a été prise. Guedj critique le manque de clarté programmatique et de valeurs dans ce processus, le voyant comme « la primaire de la petite gauche » selon un entretien au journal L'Opinion.
Proche de Jean-Luc Mélenchon par le passé, Guedj a rompu avec lui après les hésitations de ce dernier à qualifier d'« terroriste » l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Une première séparation avait eu lieu quand Mélenchon quitta le PS. En juin 2024, Guedj refusa de se présenter aux législatives sous l'étiquette du Nouveau Front populaire (NFP). Il a même qualifié Mélenchon de « salopard antisémite ». Le député insoumis Thomas Portes a réagi en tweetant « Candidature macroniste ».
Aujourd'hui réformiste au PS, Guedj défend une ligne de compromis, y compris avec le centre macroniste, sans se dire social-libéral. Il cherche à éviter un duel au second tour entre Mélenchon et Jordan Bardella d'extrême droite. Concernant Raphaël Glucksmann, il apprécie sa clarté mais insiste sur l'identité propre du PS, appelant à un cadre collectif : « Mettons-nous autour de la table devant les Français. Portons une orientation politique qui marque une différence et une rupture avec une gauche qui hésite avec la République, avec une gauche qui hésite avec l’universalisme. » Cette candidature vise à accélérer le travail programmatique et stratégique de la gauche non mélenchoniste, notamment sur les affaires sociales et le grand âge.