Plus de cinq ans après l'apparition de rapports sur 328 exemplaires manquants du Guru Granth Sahib au Punjab, l'affaire s'est transformée en confrontation politique entre le gouvernement du Aam Aadmi Party et le Shiromani Gurdwara Parbandhak Committee. Une plainte contre 16 personnes, dont un ancien responsable de la SGPC, a suscité des accusations d'ingérence des deux côtés. Le ministre en chef du Punjab, Bhagwant Mann, défend l'enquête comme une réponse aux demandes de la communauté sikhe.
La controverse autour des « Birs » manquants — exemplaires complets du Guru Granth Sahib — a commencé en 2016 lorsque des écarts ont été constatés dans le département des publications de la SGPC à Amritsar, seule source officielle de ces textes sacrés. Une enquête en 2020 a révélé 328 exemplaires introuvables après impression, plus 186 produits sans autorisation et vendus hors registres.
Le 7 décembre, la police du Punjab a déposé plainte pour profanation d'objets sacrés, outrage aux sentiments religieux, violation de confiance, faux et complot. Seize personnes ont été nommées, dont l'ancien secrétaire général de la SGPC et comptable Satinder Singh Kohli, arrêté jeudi. Des perquisitions ont suivi samedi dans 15 lieux liés aux accusés.
Le président de la SGPC, Harjinder Singh Dhami, a critiqué le gouvernement AAP pour s'immiscer dans le domaine administratif de l'institution afin de marquer des points politiques. Il a affirmé que l'affaire relevait de la compétence de la SGPC, avec des registres à l'Akal Takht, et a nié tout lien personnel avec les accusés. Le 28 décembre, cinq jathedars de l'Akal Takht ont ordonné à la SGPC de ne pas coopérer avec la police.
Le ministre en chef Bhagwant Mann a rétorqué que la plainte provenait de demandes d'organisations sikhes diverses pour une reddition de comptes. Il a accusé la SGPC de protéger ses alliés via l'Akal Takht et de ne pas avoir retrouvé les exemplaires malgré les directives. Kohli, associé connu du leader du Shiromani Akali Dal Sukhbir Singh Badal, avait été écarté en 2020 pour négligence présumée.
Ce clash s'inscrit dans un schéma de frictions AAP-SGPC depuis l'ascension du parti au Punjab en 2022, incluant des disputes sur les diffusions de Gurbani et les commémorations historiques. L'influence de longue date de la famille Badal via la SGPC est contestée, avec des appels croissants à des élections exécutives en retard, les dernières en 2011. La pression de l'AAP sur cette question intervient au milieu d'un examen de ses promesses non tenues contre les leaders SAD.