L’agence de notation Moody’s a décidé de maintenir la note de la dette souveraine française à Aa3 avec perspective négative, contrairement à Standard & Poor’s et Fitch qui l’ont dégradée à A+ l’automne dernier. Cette décision s’appuie sur un accord budgétaire au Parlement et un déficit 2026 prévu à 5 % du PIB. Moody’s met en avant la solidité des institutions françaises.
Moody’s a confirmé vendredi soir le maintien de la note Aa3 pour la dette française, qui a atteint 115,6 % du PIB en 2025, soit 3 460 milliards d’euros.
L’agence américaine souligne que « l’accord budgétaire trouvé entre la gauche modérée et le centre droit, au sein d’un Parlement français politiquement divisé, conforte notre évaluation de la solidité des institutions et de la gouvernance françaises ». Elle note aussi que le déficit budgétaire de 2026, à 5 %, est « légèrement inférieur à (sa) précédente prévision de 5,2 % du PIB ».
L’Insee a annoncé fin mars un déficit 2025 à 5,1 % au lieu de 5,4 %, rapprochant le gouvernement de son objectif de 5 % pour 2026. Cependant, l’incertitude liée à la crise iranienne a fait passer les taux d’emprunt français à 10 ans de 3,2 % à 3,6 %.
Malgré cela, la dette devrait grimper à 118,3 % du PIB en 2026 et 119,8 % en 2027 selon l’OFCE, et jusqu’à 130 % en 2030 d’après la Cour des comptes. Moody’s reste plus clémente que ses concurrentes, mais observe que des pays moins bien notés affichent de meilleurs déficits.