Philippe Baptiste défend ses propos critiques sur les universités

Dans un entretien au « Monde », Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur depuis décembre 2024, s’excuse pour avoir qualifié les universités de « bande de nuls » lors d’une audition au Sénat. Il aborde les contraintes budgétaires qui empêchent toute réforme des bourses étudiantes en 2026 et plaide pour un débat sur l’hétérogénéité des financements universitaires. Le ministre nie toute pression pour annuler un colloque sur la Palestine au Collège de France.

Philippe Baptiste, en poste depuis décembre 2024, fait face à des marges budgétaires serrées dans le domaine de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace. Dans cet entretien accordé au « Monde » le 22 novembre 2025, il explique qu’aucune réforme des bourses étudiantes ne sera possible en 2026, ni d’augmentation du financement des universités.

Le ministre souhaite néanmoins ouvrir un débat avec toutes les parties prenantes sur l’hétérogénéité des dotations entre établissements. Il se positionne aussi sur des dossiers comme l’autonomie et les objectifs universitaires.

Interrogé sur ses déclarations du 29 octobre devant la commission sénatoriale, où il a qualifié les universités de « bande de nuls » et « à la ramasse » pour leur faible succès dans les appels à projets européens comme les ERC (European Research Council), Baptiste clarifie : « Mes propos n’ont jamais concerné les enseignants-chercheurs. J’ai employé ces mots pour moquer la politique dont nous sommes nous-mêmes collectivement responsables et si ce n’est pas comme ça qu’ils ont été compris, j’en suis désolé. » Il exprime sa frustration face aux taux de succès insuffisants : « Il y a un potentiel incroyable dans les universités pour obtenir des ERC, qui constituent du temps de recherche et des moyens financiers pour les établissements. Il est frustrant pour le ministre, pour les enseignants-chercheurs et pour les universités que nous n’obtenions pas de meilleurs taux de succès. Je sais que nous pouvons faire mieux. »

Baptiste dément par ailleurs avoir exercé une pression pour annuler un colloque sur la Palestine au Collège de France à la mi-novembre. Il insiste sur la nécessité d’éviter un regard uniquement « misérabiliste » sur l’université, soulignant ses atouts malgré les défis.

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