Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé des plans pour interdire aux enfants de moins de 16 ans l'utilisation des réseaux sociaux, suivant l'exemple de l'Australie. La législation, faisant partie de réglementations plus larges, pourrait entrer en vigueur la semaine prochaine avec des exigences strictes de vérification d'âge. Sánchez a critiqué les plateformes pour exposer les enfants à des préjudices et a appelé à la responsabilité des dirigeants technologiques.
Le Premier ministre Pedro Sánchez a fait l'annonce mardi lors du World Government Summit à Dubaï, décrivant les réseaux sociaux comme un « État failli » où « les lois sont ignorées et le crime toléré ». Il a mis en lumière les risques pour les enfants, déclarant : « Aujourd'hui, nos enfants sont exposés à un espace qu'ils n'étaient pas destinés à naviguer seuls : un espace de dépendance, d'abus, de pornographie, de manipulation et de violence. » Sánchez s'est engagé : « Nous n'accepterons plus cela. Nous les protégerons du Far West numérique. »L'interdiction vise les utilisateurs de moins de 16 ans et obligera les plateformes à mettre en œuvre des « systèmes efficaces de vérification d'âge – pas seulement des cases à cocher, mais de véritables barrières qui fonctionnent ». Bien que les détails sur les plateformes concernées restent flous, Sánchez a spécifiquement critiqué TikTok, Instagram et X, annonçant que son gouvernement enquêtera sur des infractions légales impliquant Grok, TikTok et Instagram. La mesure fait partie d'un plan réglementaire en cinq étapes, incluant la criminalisation de l'amplification algorithmique de contenus illégaux et la responsabilité des dirigeants pour les discours de haine et les divisions sur leurs sites. L'Espagne a également formé une coalition avec cinq autres pays européens non nommés pour renforcer la gouvernance des réseaux sociaux.Cela suit la loi australienne de décembre interdisant aux moins de 16 ans l'accès à des plateformes comme TikTok, Facebook et Instagram, avec des amendes allant jusqu'à 33 millions de dollars en cas de non-conformité. Les entreprises technologiques en Australie ont eu des réactions mitigées : TikTok, Meta et Snapchat ont commencé à supprimer les comptes mineurs, tandis que Reddit a contesté la loi en justice, arguant qu'elle impose une vérification intrusive à tous les utilisateurs.Des initiatives similaires progressent ailleurs. L'Assemblée nationale française a adopté une interdiction pour les moins de 16 ans, en attente au Sénat ; le Royaume-Uni en débat à la Chambre des communes ; et le Danemark, la Norvège et la Malaisie prévoient des mesures comparables. Contrairement aux interdictions dans des pays comme la Chine et la Russie, motivées par la censure politique, l'accent mis par l'Espagne est sur la sécurité des enfants.