Bally Bagayoko, élu de La France insoumise, a été installé maire de Saint-Denis-Pierrefitte lors d'un conseil municipal tendu le 21 mars 2026. L'ancien maire socialiste Mathieu Hanotin et ses colistiers ont été hués par des sympathisants de LFI. La passation de pouvoir s'est déroulée dans une atmosphère électrique.
Saint-Denis, fusionnée avec Pierrefitte-sur-Seine début 2025 et comptant environ 150 000 habitants, est désormais la plus grande ville dirigée par La France insoumise. Bally Bagayoko, victorieux dès le premier tour des municipales le 15 mars 2026, a été acclamé par ses sympathisants sur le parvis de l'hôtel de ville avant l'installation officielle lors du conseil municipal du 21 mars. Devenu la plus grande commune aux mains de LFI en Seine-Saint-Denis, il représente un bastion historique passé des communistes aux socialistes puis aux insoumis après six ans de gestion PS de Mathieu Hanotin, battu avec 32,7 % des voix au second tour inexistant en raison de la victoire au premier tour de Bagayoko («1 tour K.O.» selon les t-shirts de ses soutiens, ornés de gants de boxe). Le nouveau maire, natif des Hauts-de-Seine de parents maliens, a tendu la main à l'opposition : «Si Mathieu Hanotin et son opposition sont disponibles, nous leur tendons la main. Mais en revanche, si c'est une logique de “bordélisation’’, en fin de compte, de la gestion communale, ça, nous ne l'entendrons pas», a-t-il déclaré aux journalistes. Mathieu Hanotin, dans son discours interrompu de sifflets et huées, a dénoncé des «attaques et des insultes à caractère raciste» visant Bagayoko depuis la campagne, notamment une polémique sur des propos déformés sur les réseaux sociaux où il aurait qualifié Saint-Denis de «ville des Noirs» au lieu de «ville des rois». «C'est un scandale», a-t-il dit, ajoutant que l'élu «mérite le respect». Il a reconnu avoir «sous-estimé le besoin de proximité directe des habitants». Elsa Marcel, élue de Révolution Permanente, s'est réjouie de la «défaite de M. Hanotin» et a critiqué une minute de silence nationale pour Quentin Deranque, plaçant plutôt l'accent sur les «victimes de violences policières». Bagayoko a qualifié certains propos de «lunaires», chanté La Marseillaise poing levé et reçu l'écharpe de la doyenne du conseil, non de son prédécesseur, symbolisant une transition difficile.