Yolanda Díaz charge les syndicats de concevoir une réforme du licenciement injustifié

Le ministère espagnol du Travail a chargé les syndicats de préparer une proposition en trois semaines pour réformer le licenciement injustifié, malgré le rejet de la Cour suprême. Cette initiative vise à se conformer à la Charte sociale européenne, qui juge inadéquate l'indemnisation actuelle de 33 jours par année. Les syndicats UGT et CCOO mènent l'effort, motivés par des arrêts du Comité européen des droits sociaux.

Lundi 20 octobre 2025, le ministère espagnol du Travail, dirigé par la vice-présidente Yolanda Díaz, a chargé les syndicats UGT et CCOO de rédiger une proposition commune dans un délai de trois semaines pour remanier les réglementations sur le licenciement injustifié. La réforme vise à aligner le droit espagnol sur la Charte sociale européenne, à la suite d'arrêts favorables du Comité européen des droits sociaux (CEDS) à Strasbourg concernant des plaintes collectives déposées par les deux syndicats.

Les syndicats ont soutenu que l'indemnisation actuelle de 33 jours par année travaillée n'est pas 'adéquate', ni pleinement réparatrice du préjudice causé par un licenciement injuste, ni dissuasive pour les entreprises qui l'utilisent sans justification. Le CEDS a validé ces arguments et a exhorté l'Espagne à modifier ses lois, potentiellement en permettant des indemnités variables basées sur des facteurs personnels tels que l'âge, les charges familiales ou le secteur.

Cependant, en juillet 2025, la Cour suprême a statué que la Charte n'est pas contraignante et que les indemnités existantes sont adéquates, offrant une certitude juridique et une uniformité. Dans son jugement, la Cour a déclaré : 'La doctrine constitutionnelle a indiqué que l'indemnité fixe établie par notre législation est une indemnité adéquate. Cette formule légale a fourni une certitude juridique et une uniformité pour tous les travailleurs'. Elle a ajouté que les décisions du CEDS ne sont ni exécutoires ni directement applicables, mais pourraient nécessiter une action législative.

L'UGT prévoit de faire appel de cette décision auprès du Tribunal constitutionnel. Fernando Luján, secrétaire général adjoint de l'UGT pour l'Action syndicale, a expliqué que la proposition se concentrera sur quatre piliers : rendre l'indemnité réparatrice et dissuasive ; rétablir les salaires de traitement supprimés en 2012 ; prendre en compte la réintégration, actuellement à la seule discrétion des employeurs ; et inclure les dommages moraux et les préjudices, comme indiqué par la Cour de justice de l'UE.

Les organisations patronales défendent le système actuel, avertissant qu'une indemnisation non imposable créerait une incertitude juridique.

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