Un incendie a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2026, faisant au moins 40 morts et 115 blessés, majoritairement graves. L'établissement, prisé des jeunes et des touristes, était bondé pour les festivités du Nouvel An. Les propriétaires français ont survécu, mais plusieurs ressortissants français et italiens figurent parmi les victimes.
L'incendie s'est déclaré vers 1h30 le 1er janvier 2026 dans le bar Le Constellation, situé au rez-de-chaussée d'un immeuble à Crans-Montana, une station huppée du Valais suisse. Cet établissement, capable d'accueillir 300 personnes en intérieur et 40 en terrasse, était rempli de plusieurs centaines d'habitués et de touristes venus célébrer la nouvelle année. Le bilan provisoire fait état d'au moins 40 morts et 115 blessés, dont la majorité dans un état grave, selon les autorités suisses. Le président de la Confédération, Guy Parmelin, a qualifié l'événement de «l'une des pires tragédies que [le] pays ait connues».
Les victimes sont majoritairement jeunes, âgées de 18 à 19 ans, incluant des adolescents locaux et des touristes. Neuf Français ont été blessés, dont un joueur stagiaire du FC Metz, Tahirys Dos Santos, 19 ans, grièvement brûlé et transféré en Allemagne pour des soins. Huit autres ressortissants français restent introuvables. Du côté italien, 15 personnes ont été blessées, dont trois hospitalisées à Milan – une femme d'une trentaine d'années et deux mineurs de 16 ans, intubés avec des brûlures sur 34 à 40 % du corps – et une jeune fille de 16 ans dans le coma à Zurich. Six Italiens, dont des mineurs, sont portés disparus.
Les propriétaires du bar, le couple français Jacques et Jessica Moretti, originaires respectivement de Corse et de la Côte d'Azur, ont acquis l'établissement en 2015 après son abandon. Jessica Moretti, présente sur place, a été brûlée au bras, tandis que son mari se trouvait dans un autre de leurs établissements, Le Senso ou Le Vieux-Chalet. Une source proche indique qu'ils ont perdu des membres de leur personnel et sont «extrêmement touchés». Des appels à témoins affluent sur les réseaux sociaux pour des disparus comme Ephraim M., Trystan P. ou Alice K., 15 ans.
L'origine du sinistre est en cours d'enquête par le ministère public valaisan, avec une piste d'embrasement généralisé. Le pompier David Audisio, expert en prévention incendie, pointe les risques des bougies-étincelles, autorisées chez les particuliers mais interdites dans les lieux publics sans mesures strictes en France. «Il y a eu forcément des règles qui n'ont pas été respectées», analyse-t-il, soulignant la rapidité des gaz toxiques comme l'acide cyanhydrique, laissant seulement 2 à 3 minutes de survie. Les réglementations suisse et française diffèrent : la Suisse adopte une approche par objectifs, tandis que la France est plus prescriptive. Une veillée silencieuse s'est tenue le soir du 1er janvier près du lieu du drame, où des jeunes endeuillés se sont recueillis, l'une d'eux questionnant : «Pourquoi doit-on mourir à notre âge ?». La police cantonale a mis en place un numéro d'urgence pour les familles.