Les démocrates cherchent à limiter l’usage de juges immigrés temporaires après vague de licenciements

Vérifié par des faits

Les démocrates au Congrès ont introduit une législation visant à limiter qui peut servir de juges d’immigration temporaires, en réponse aux efforts plus larges de l’administration Trump pour remodeler les tribunaux d’immigration et aux plaintes concernant une vague récente de licenciements. Le projet de loi fait suite au licenciement d’au moins 14 juges expérimentés ces dernières semaines et à plus de 90 licenciements cette année, selon des données compilées par le syndicat des juges d’immigration et NPR, alors que l’on craint que le respect du dû processus ne soit érodé dans un système déjà confronté à un énorme arriéré de cas.

Mercredi, le sénateur Adam Schiff et le représentant Juan Vargas, tous deux démocrates de Californie, ont présenté un projet de loi visant à resserrer les règles pour la nomination de juges d’immigration temporaires, selon NPR. La proposition permettrait au procureur général de sélectionner des juges temporaires uniquement parmi des personnes ayant une expérience au sein de panneaux d’appel, en tant que juges administratifs dans d’autres agences fédérales, ou avec au moins 10 ans d’expérience en droit de l’immigration. Cette mesure vise à limiter fortement le plan de l’administration Trump d’intégrer un grand nombre d’avocats militaires, ou JAGs, en tant que juges temporaires — une démarche que les critiques estiment mettrait de côté les exigences traditionnelles d’expérience.

Ce projet de loi intervient dans le contexte d’une récente vague de licenciements dans les tribunaux d’immigration. La National Association of Immigration Judges a indiqué à NPR que l’administration Trump a licencié au moins 14 juges d’immigration au cours des deux dernières semaines. Le suivi de NPR, basé sur des registres judiciaires et des entretiens, montre que plus de 90 juges ont été licenciés cette année jusqu’à présent, et qu’au moins 140 juges au total ont été licenciés, ont démissionné ou ont pris leur retraite anticipée depuis février. Beaucoup de ceux touchés, selon des responsables syndicaux et des défenseurs cités par NPR, avaient un passé en défense des immigrés et des années de service, y compris certains dans des rôles de supervision.

Les licenciements récents ont touché des tribunaux à San Francisco, New York et Boston, rapporte NPR, avec au moins sept juges écartés d’un seul tribunal de New York. Parmi les licenciés figurait Jeremiah Johnson, qui exerçait comme juge d’immigration à San Francisco depuis 2017. Il a déclaré à NPR avoir reçu un court e-mail l’informant que son mandat ne serait pas renouvelé peu avant Thanksgiving. « J’étais en train de faire mon travail. J’étais là à entendre les affaires, à avancer les choses », a-t-il dit lors d’un entretien. « J’ai été licencié pour avoir fait mon travail. Et franchement, je pense que cette administration ne veut pas de juges qui suivent la loi. »

Dans une déclaration à NPR, Schiff a critiqué l’approche de l’administration. « La volonté de l’administration Trump de licencier des juges expérimentés et d’embaucher des juges de ‘déportation’ inexpérimentés ou temporaires, surtout dans des endroits comme la Californie, a fondamentalement impacté le paysage de notre système judiciaire », a-t-il déclaré, ajoutant que cette stratégie risque « une grave atteinte aux familles, à l’équité et au dû processus. »

L’administration affirme que ces changements sont nécessaires pour faire face à un arriéré écrasant de cas dans les tribunaux d’immigration, relevant du Executive Office for Immigration Review (EOIR) du Département de la Justice. NPR rapporte que l’administration a récemment embauché 36 nouveaux juges d’immigration, dont 25 en nominations temporaires, et lancé une campagne de recrutement pour ce que des documents internes décrivent comme des juges de « Déportation » dans des tribunaux très en retard à New York, en Californie et dans le Massachusetts. Chaque juge licencié laisse derrière lui des milliers de cas en attente, repoussant certaines dates d’audience individuelles jusqu’en 2030, selon l’examen par NPR des calendriers judiciaires.

Le projet de loi démocrate n’a pas encore de cosignataires républicains et devrait faire face à de longues chances dans un Congrès contrôlé par les républicains, note NPR. Les responsables de l’EOIR ont déclaré que leurs évaluations des juges sont basées sur la conduite, l’impartialité et la performance, et nient que l’agence favorise les juges plus enclins à ordonner des expulsions. Certains des juges licenciés ont intenté des poursuites pour discrimination, y compris des allégations de biais basées sur la nationalité ou le genre, des affaires toujours en attente devant les tribunaux fédéraux.

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