Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons de reconstitution du groupe antifasciste La Jeune Garde, dissous en juin 2025, à la suite d'un signalement du ministère de l'Intérieur. Cette procédure intervient dix jours après la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque, battu à mort à Lyon par des membres d'ultragauche. Emmanuel Macron a réuni des ministres et services de renseignement pour discuter des groupes violents liés à des partis politiques.
Le 25 février 2026, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour «participation au maintien ou à la reconstitution d’association ou de groupement dissous», confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Paris. Cette initiative suit un signalement du ministère de l’Intérieur concernant une possible reformation de La Jeune Garde, mouvement d’ultragauche dissous en juin 2025. L’AFP a confirmé cette information, initialement rapportée par Franceinfo et BFM-TV.
Le contexte est marqué par la mort de Quentin Deranque, un militant d’extrême droite de 23 ans, survenue dix jours plus tôt à Lyon. Il a été battu à mort par des membres d’ultragauche. Sept personnes ont été mises en examen pour homicide volontaire et complicité, selon une source, tandis qu'une autre mentionne homicide involontaire ; plusieurs d’entre elles sont proches de La Jeune Garde, fondée en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd’hui député de La France insoumise.
Le 24 février, Emmanuel Macron a réuni à l’Élysée les ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez et de la Justice Gérald Darmanin, ainsi que les responsables des services de renseignement, pour aborder «les groupes d’action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques». Selon un participant, les services surveillaient déjà les «velléités de reconstitution» de groupuscules liés à La Jeune Garde sur au moins cinq territoires avant le décès de Deranque. Les faits de Lyon ont étayé le dossier, menant Macron à demander au ministère de l’Intérieur de lancer des procédures de dissolution pour ces cinq «émanations».
Mercredi, en conseil des ministres, Macron a exhorté les formations politiques liées à des groupes violents, qu’ils soient d’ultragauche ou d’ultradroite, à «clarifier leur position». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déclaré : «Rien en République ne justifie la violence» et que l’exécutif combat «les violences d’où qu’elles viennent, sans hiérarchiser», en procédant aux dissolutions nécessaires.