Emmanuel Macron a exprimé son souhait de comprendre pourquoi aucune mesure n'a été prise plus tôt concernant Fabrice Aidan, un diplomate français cité plus de 200 fois dans les dossiers Epstein et visé par une enquête du FBI en 2013. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a saisi la justice et lancé une enquête administrative. Une avocate d'Innocence en danger appelle à investiguer les possibles ramifications en France de l'affaire.
Les dossiers déclassifiés de l'affaire Epstein, rendus publics par la justice américaine depuis le 30 janvier, continuent de faire des vagues en France. Le nom du diplomate Fabrice Aidan apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, datant de 2010 alors qu'il était détaché à l'ONU par la France. En 2013, le FBI l'a visé pour consultation d'images pédopornographiques, une information révélée par 20 Minutes et Mediapart. Aidan, actuellement en disponibilité pour convenances personnelles, conteste l'entièreté des accusations, selon son avocate.
Le 12 février, Emmanuel Macron a réagi à l'issue d'un sommet européen, qualifiant d'«inacceptable» le maintien en poste d'Aidan malgré des signalements passés. «S'il est vrai que l'administration avait des informations il y a plusieurs années, des choses auraient dû être faites», a-t-il déclaré, affirmant avoir «découvert» l'affaire comme le public. Il a demandé à Jean-Noël Barrot de clarifier pourquoi des dispositions n'ont pas été prises plus tôt. Barrot a signalé les faits à la justice française, ouvert une enquête administrative et une procédure disciplinaire.
D'autres noms français émergent, comme Jack Lang et sa fille Caroline, visés par une enquête préliminaire pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, ou le pianiste Simon Ghraichy et le chef d'orchestre Frédéric Chaslin. Me Nathalie Bucquet, avocate d'Innocence en danger, invite à explorer les «black books» d'Epstein et les registres de vols de son jet pour vérifier d'éventuels faits en France, notamment à son appartement avenue Foch. Elle doute qu'Epstein «venait en France pour regarder les mouches voler» et anticipe la découverte d'exploitation sexuelle sur le territoire.
Macron maintient que l'affaire concerne «surtout les États-Unis» et que la justice américaine doit agir. Un sondage Odoxa pour Le Figaro montre que 58 % des Français s'intéressent à l'affaire, dont 15 % passionnément, et près de huit sur dix se disent «dégoûtés». Bucquet suggère une commission d'enquête parlementaire sur la réponse judiciaire française de 2019 à 2023 plutôt qu'une enquête globale.