Le parquet national financier a ouvert vendredi une enquête préliminaire contre l'ancien ministre Jack Lang et sa fille Caroline pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, suite aux révélations des dossiers Epstein. Les noms des Lang apparaissent 673 fois dans ces documents, impliquant une société offshore. Jack Lang doit s'expliquer dimanche au ministère des Affaires étrangères sur ses liens avec le financier américain.
Le parquet national financier (PNF) a lancé vendredi une enquête préliminaire visant Jack Lang, ancien ministre de la Culture âgé de 86 ans, et sa fille Caroline pour «blanchiment de fraude fiscale aggravée». Cette procédure fait suite à la publication récente des «Epstein files» par le ministère américain de la Justice, où les noms de Jack et Caroline Lang sont mentionnés plus de 673 fois.
Caroline Lang, fondatrice en 2016 d'une société avec Jeffrey Epstein, est citée dans un testament financier du criminel, rédigé deux jours avant sa mort en 2019, prévoyant un legs de 5 millions de dollars. Elle et son père possédaient une société offshore aux îles Vierges britanniques, Prytanee LLC, créée pour l'achat d'œuvres d'art, comme l'attestent des mails entre les parties. Caroline Lang a démissionné lundi de son poste à la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma, après des révélations de Mediapart.
Jack Lang, président de l'Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, a déclaré lundi assumer pleinement ses liens passés avec Epstein, rencontré il y a une quinzaine d'années via Woody Allen. Il a nié sur BFMTV le 2 février 2026 avoir fait affaire avec lui : «J’ai été stupéfait de découvrir il y a quelques jours que mon nom figurait là-dedans. Jamais, martèle l’ancien ministre, il n’a fait “aucune affaire” avec le milliardaire.» Il réfute toute implication dans Prytanee LLC malgré son nom dans les statuts.
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, depuis Beyrouth, a qualifié la situation d'«extrême gravité» et affirmé que garantir l'intégrité de l'IMA est une «priorité». «Ma priorité, c'est évidemment de garantir le bon fonctionnement et la continuité et l'intégrité de l'Institut du monde arabe», a-t-il déclaré, réservant «toutes les options» sur le mandat de Lang. Ce dernier, actuellement à Marrakech, est convoqué dimanche 8 février au Quai d'Orsay pour s'expliquer. L'exécutif, incluant Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu, souhaite son départ pour préserver l'institution, sans se prononcer sur le fond de l'affaire.