Le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray, a annoncé une proposition de réparation à la veuve de l'institutrice Caroline Grandjean, suite à une enquête concluant à une défaillance institutionnelle après son suicide en septembre 2025. Cette affaire, marquée par un harcèlement homophobe, a suscité une vive émotion dans le monde enseignant. La veuve a réagi en qualifiant cette offre d'argent comme une tentative de la faire taire.
Caroline Grandjean, une institutrice de 42 ans, s'est suicidée le 1er septembre 2025 dans le Cantal, après avoir subi un harcèlement lié à son homosexualité depuis septembre 2023. Des inscriptions injurieuses comme « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient été trouvées sur les murs de son école à Moussages, un village de 200 habitants. Une enquête judiciaire ouverte à l'époque a été classée sans suite en mars 2025, faute de nouveaux éléments, selon le parquet.
En arrêt maladie, l'enseignante avait été proposée pour un poste à proximité pour la rentrée, mais n'avait pas pu reprendre son travail. Son épouse, Christine Grandjean-Paccoud, a déposé plainte contre l'éducation nationale pour harcèlement.
Une enquête administrative, publiée le 6 février 2026, a conclu à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » apporté à Caroline Grandjean. Le rapport met en lumière un sentiment d'absence de soutien de l'institution face aux conflits avec certains parents, ainsi que des décisions administratives perçues comme injustes, comme le refus d'une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité.
Interrogé à l'Assemblée nationale le 10 février 2026, le ministre Edouard Geffray a déclaré : « Je ferai une proposition de réparation à Mme Paccoud-Grandjean ». Le ministère a précisé à l'AFP que cela pourrait inclure une compensation financière, avec des discussions à venir entre l'avocat de la veuve et les services concernés.
Le ministre a qualifié la situation de « traitement juridico-administratif, voire bureaucratique, d’une situation dramatique », résultant d'une succession de « microdécisions » sans faute individuelle identifiée. Il a insisté sur la nécessité d'humaniser les procédures administratives dans un ministère employant 1,8 million d'agents.
Christine Grandjean-Paccoud a réagi sur la radio Ici Pays d’Auvergne : « Cette compensation financière, je la reçois comme ‘on va lui donner des sous à cette petite dame, et peut-être qu’elle va s’arrêter’. L’argent, c’est tellement rien à côté de ce que j’ai perdu. Ce n’est pas avec de l’argent qu’on va me faire taire. Je hurlerai jusqu’à ce que les responsables soient reconnus ».