Les journalistes de l’émission « Complément d’enquête » de France 2 ont démenti jeudi devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public les accusations de Rachida Dati de soudoiement de témoin. La ministre de la culture avait affirmé le 5 février avoir tenté de monnayer le témoignage d’un membre vulnérable de sa famille. Les tensions au sein de la commission pourraient se déplacer vers le terrain judiciaire.
La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public a connu un moment de tension lors de l’audition de Rachida Dati le 5 février à l’Assemblée nationale. La ministre de la culture a accusé sous serment l’émission « Complément d’enquête » de France Télévisions d’avoir proposé de l’argent pour obtenir le témoignage d’un proche vulnérable de sa famille, dans le cadre d’une enquête la concernant. Elle n’a fourni aucune preuve à l’appui de ces allégations.
Jeudi 12 février, les journalistes impliqués ont témoigné au Palais-Bourbon pour contrer ces affirmations. Le présentateur Tristan Waleckx a déclaré : « Nous n’avons évidemment pas donné d’argent, ou proposé d’argent, à quiconque dans l’entourage de Mme Dati, fut-ce par un tiers. » À ses côtés, l’auteur du reportage Louis Milano-Dupont a ajouté avoir reçu un courriel récent d’un proche de Rachida Dati qui s’est reconnu dans les propos tenus. Ce proche a affirmé que « Complément d’enquête ne lui a jamais proposé d’argent ». Ce document sera transmis aux députés.
Ces échanges sous serment soulignent les frictions persistantes au sein de la commission. Les démentis des journalistes pourraient ouvrir la voie à des poursuites judiciaires, transformant le débat parlementaire en affaire légale.