Lors des auditions du 4 et 5 février 2026 devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, la ministre de la Culture Rachida Dati et d’anciens ministres ont unanimement défendu ce secteur en difficulté. Ils ont critiqué les questions biaisées du rapporteur Charles Alloncle, tandis qu’un incident tendu a opposé ce dernier au président de la commission. Dati a appelé à préserver l’audiovisuel public sans l’affaiblir.
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public, créée à la demande de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti, allié du Rassemblement national et partisan de la privatisation, a connu un tournant les 4 et 5 février 2026. Pour la première fois en deux mois, les auditions ont permis de faire entendre des arguments en défense du secteur, malgré l’approche à charge du rapporteur Charles Alloncle (UDR, Hérault).
Le mercredi 4 février, l’audition de quatre anciens ministres de la Culture – Aurélie Filippetti, Franck Riester, Roselyne Bachelot et Rima Abdul Malak – ainsi que d’autres figures comme Laurence Bloch, ancienne directrice de France Inter de 2014 à 2022, a été marquée par une unanimité en faveur de l’audiovisuel public. Leurs réponses factuelles ont contré les questions sur la prime de performance de Delphine Ernotte, la comparaison coût/audiences avec le privé, ou l’« hyperconcentration » des sociétés de production pour France Télévisions.
Un échange tendu a opposé le président Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) au rapporteur Alloncle, ce dernier suggérant des liens avec le groupe Mediawan. L’audition a été suspendue face à ces « accusations très graves ». Le lendemain, Patrier-Leitus a appelé à un « cadre digne et respectueux ».
Le jeudi 5 février, Rachida Dati, auditionnée près de trois heures, a martelé que « l’audiovisuel public français doit être préservé » et « on ne doit pas l’affaiblir. On doit travailler ensemble ». Sur la situation financière critique de France Télévisions relevée par la Cour des comptes, elle a rappelé les missions de service public non rentables et affirmé que « l’État prendra ses responsabilités », tout en plaidant pour une réforme structurelle et un projet de holding commune. Sur l’impartialité, elle a renvoyé à l’Arcom.
Dati a réprimandé Delphine Ernotte pour avoir qualifié CNews de « chaîne d’extrême droite » en septembre, jugeant cela « pas habile ». Elle a aussi commenté l’affaire Legrand-Cohen, où des journalistes du service public ont été accusés de connivence avec le Parti socialiste après une vidéo de septembre montrant Thomas Legrand déclarant : « Nous, on fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati, Patrick [Cohen] et moi ». Dati a tancé ce vocabulaire comme inapproprié, mais jugé « inacceptable » les enregistrements à l’insu.
L’audition de Dati s’est déroulée dans le calme, contrastant avec les tensions habituelles. Ce n’est pas la première polémique pour Alloncle, rappelé à l’ordre par la présidente de l’Assemblée en décembre 2025 ; quatre députés demandent une nouvelle sanction.