Le Contrôleur général de Colombie a révélé dans son rapport « Durabilité financière des universités publiques colombiennes 2019-2024 » qu'une seule des 34 universités publiques du pays atteint l'autosuffisance financière. L'étude met en évidence une forte concentration de ressources dans quatre institutions principales, aggravant les inégalités régionales. De plus, la dette de pension du système atteint 10,3 billions de pesos en 2024.
Le Contrôleur général de Colombie, par l'intermédiaire de sa Délégation pour le secteur Éducation, Science et Technologie, Culture, Loisirs et Sports, a publié le rapport « Durabilité financière des universités publiques colombiennes 2019-2024 ». Cette analyse évalue la situation budgétaire, opérationnelle et financière des 34 universités publiques, en intégrant pour la première fois des données historiques pour un examen complet. L'étude examine les revenus, dépenses, structures de coûts, niveaux d'investissement, liquidité, solvabilité et endettement afin d'identifier les risques financiers, les écarts structurels et les opportunités de renforcement institutionnel. Seule une de ces institutions est financièrement autosuffisante, selon les conclusions. Il existe une forte concentration de ressources publiques dans quelques universités disposant d'une plus grande couverture académique et d'un effectif plus important. L'Université nationale de Colombie (Unal), l'Université nationale ouverte et à distance (Unad), l'Université d'Antioquia (UdeA) et l'Université del Valle (Univalle) concentrent 48 % des revenus nationaux et 37 % des revenus territoriaux. Cela affecte négativement l'équité des dépenses publiques et accentue les asymétries régionales, comme en témoigne les revenus par étudiant variant de 11,4 millions de pesos à Unal à 525 777 pesos à Unad, avec une moyenne nationale de 4,5 millions de pesos de 2019 à 2024. Concernant la solvabilité économique, 75,8 % des 25 institutions analysées ont des indicateurs égaux ou supérieurs à trois, tandis que les 24,2 % restants affichent des niveaux inférieurs. De plus, 24,2 % maintiennent un effet de levier financier inférieur à 10 %, indiquant une gestion prudente. Cependant, la dette de pension exerce une pression structurelle significative, atteignant 10,3 billions de pesos en 2024, un chiffre préliminaire qui pourrait augmenter en raison du manque de mises à jour actuarielles. Cette dette est concentrée à Unal (4,5 billions) et Univalle (1,4 billion), représentant 57,8 % du total du Système universitaire d'État (SUE). Le rapport insiste sur la nécessité d'efficacité, d'équité et d'autonomie financière pour assurer la durabilité.