Des chercheurs, dont David Wolpert et Carlo Rovelli, ont analysé l'hypothèse du cerveau de Boltzmann, remettant en question la fiabilité de la mémoire humaine. Leurs travaux mettent en lumière un raisonnement circulaire dans les arguments concernant l'entropie, le temps et la mémoire. L'étude est publiée dans la revue Entropy.
David Wolpert, professeur au SFI, Carlo Rovelli, membre de la faculté « Fractal » du SFI, et le physicien Jordan Scharnhorst ont examiné l'hypothèse du cerveau de Boltzmann dans un article récent. Cette idée postule que les souvenirs et les perceptions pourraient résulter de fluctuations aléatoires de l'entropie plutôt que d'une séquence historique réelle. De telles fluctuations pourraient créer l'illusion d'un passé cohérent sans qu'aucun événement n'ait réellement précédé. Les chercheurs ont élaboré un cadre formel pour évaluer comment les hypothèses sur le temps influencent les conclusions sur l'entropie et la fiabilité de la mémoire. Les documents fournis par le Santa Fe Institute décrivent leur approche comme liant cette hypothèse au deuxième principe de la thermodynamique et à l'hypothèse du passé, qui suppose une origine du Big Bang à basse entropie. Une tension fondamentale découle du théorème H de Boltzmann, qui est symétrique dans le temps malgré le fait qu'il explique l'augmentation apparente de l'entropie dans une seule direction. Les auteurs introduisent la « conjecture de l'entropie » pour révéler le raisonnement circulaire présent dans les débats actuels. Les hypothèses sur le passé, telles que la fiabilité de la mémoire ou la direction de l'entropie, sous-tendent souvent des affirmations qui viennent ensuite valider ces mêmes hypothèses. Wolpert, Rovelli et Scharnhorst visent à clarifier ces structures cachées sans pour autant résoudre le paradoxe. Leur article, intitulé « Disentangling Boltzmann Brains, the Time-Asymmetry of Memory, and the Second Law », a été publié dans Entropy (2025; 27(12): 1227).