Dans le système de transport public éthiopien, les conducteurs et les passagers interagissent avec des sélections musicales diverses reflétant la diversité culturelle et religieuse. Ce système sert de microcosme à la coexistence dans une société multi-confessionnelle. Les voyageurs favorisent l'harmonie par des gestes comme offrir des sièges et négocier les niveaux sonores.
Les transports publics en Éthiopie, en particulier les minibus bleu et blanc emblématiques d'Addis-Abeba, vibrent au rythme d'une bande-son variée de musique locale, incluant le folklore traditionnel, la pop moderne, l'ethio-jazz, le hip-hop et le reggae diffusés par des haut-parleurs. Ce paysage sonore reflète le riche patrimoine culturel du pays et ses genres en évolution, transformant les véhicules en hubs culturels mobiles.
Sans réglementations formelles sur les playlists, les conducteurs choisissent des morceaux qui reflètent souvent leur propre background religieux, comme des chants orthodoxes, des mezmurs protestants, ou des manzuma et nasheeds musulmans. Les passagers, de diverses confessions, doivent endurer ces choix sans pouvoir intervenir, ce qui peut causer de l'inconfort dans une société multi-confessionnelle. Des frustrations courantes surgissent quand le volume est trop élevé ou le contenu intrusif, provoquant des demandes comme « musikawen kenesew ! » signifiant « baisse la musique ! ».
Pour favoriser l'inclusivité, des suggestions incluent de choisir de la pop éthiopienne séculière neutre ou des morceaux instrumentaux, de baisser le volume pour créer des arrière-plans ambiants, et d'autoriser les demandes des passagers ou un vote simple sur les sélections. Au-delà de la musique, les voyageurs offrent régulièrement des sièges aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux personnes handicapées, indépendamment des différences, atténuant les tensions et incarnant des valeurs communautaires.
Ces négociations quotidiennes dans des espaces exigus mettent en lumière le pluralisme éthiopien, où de petits actes d'adaptation — partager l'espace, compromis sur le son — construisent la résilience et la tolérance. Les transports publics deviennent un microcosme de coexistence, montrant comment des groupes divers naviguent les différences par le respect mutuel plutôt que l'imposition, renforçant l'harmonie sociale dans une nation pluraliste.