Sept ans après le crash du vol ET302 d'Ethiopian Airlines, Yasser Bagersh, de Prologue Communications, raconte son rôle dans la création du parc commémoratif sur le site. Engagé par Boeing en 2020, il a organisé la première cérémonie d'hommage et supervisé la construction du monument permanent pendant six ans afin de soutenir les familles des victimes.
Yasser Bagersh, fondateur de Prologue Communications, a été embauché par Boeing en 2020 pour organiser la première commémoration en hommage aux victimes du vol ET302 d'Ethiopian Airlines, qui s'est écrasé sept ans plus tôt. Le site présentait alors un grand cratère et manquait d'infrastructures, mais son équipe a réussi à installer des tentes pour environ 1 500 personnes malgré l'état difficile de la route depuis Addis-Abeba. Blake Emergency Services a pris en charge la collecte des restes humains, les tests ADN et la liaison avec les familles dès les jours suivant le crash. « J'ai eu l'impression d'être jeté dans une fosse aux lions », confie Bagersh, évoquant la vive émotion entre les familles, Boeing et Ethiopian Airlines. Après cet événement, les parties prenantes, dont Boeing, Ethiopian Airlines et les familles, ont convenu de la création d'un monument permanent. L'obtention des permis gouvernementaux et la mise en accord sur le design se sont révélées complexes, nécessitant au total six ans de travail. L'Addis Ababa Architecture Association, en collaboration avec Ethiopian Airlines et les familles, a sélectionné les meilleurs projets ; Alebel Desta Consulting Architects and Engineers a remporté l'appel d'offres, avec la contribution d'experts internationaux. Les familles ont choisi le design final, puis Elmi Olindo Contractors a été retenu pour la construction, supervisée par ZIAS et gérée financièrement par Turner and Townsend, engagés par Boeing. Boeing a financé l'intégralité du projet sans aucune concession. Le 10 mars, date du septième anniversaire – une période significative dans la tradition orthodoxe éthiopienne pour trouver la paix après une perte – a marqué la cérémonie annuelle et l'inauguration d'une église construite par les familles en face du parc. Le 11 mars, une table ronde a réuni l'architecte Alebel, Samira Eissa (membre d'une famille de victime), Bagersh, des représentants d'Elmi et l'équipe de Blake. Malgré les agendas divergents et les poursuites judiciaires, tous se sont concentrés sur les besoins des familles. Bagersh a qualifié cette expérience d'« appel spirituel », bien qu'elle ait eu un coût personnel, entraînant une opération de la colonne vertébrale due au stress. Il a réfléchi aux différences culturelles en matière de deuil, espérant que les familles pourront trouver la paix. Le parc symbolise cette tragédie et invite à la réflexion personnelle.