Une sculpture en argile vieille de 12 000 ans mise au jour en Israël pourrait dépeindre une scène animiste d'une oie s'accouplant avec une femme humaine. Découverte sur le site de Nahal Ein Gev II en 2019, la signification de l'artefact n'a été reconnue que cette année. Les archéologues l'interprètent comme une représentation mythologique plutôt qu'un événement littéral.
La minuscule figurine de 3,7 centimètres de hauteur a été trouvée à Nahal Ein Gev II, un site habité par les Natoufiens, chasseurs-cueilleurs paléolithiques qui étaient les précurseurs des communautés agricoles néolithiques au Moyen-Orient. Collectée en 2019, sa signification est devenue claire en 2024 lorsque Laurent Davin, de l'Université hébraïque de Jérusalem, l'a examinée de près.
Davin a exprimé une certitude absolue quant à la représentation. « Lorsque j'ai sorti ce petit bloc d'argile de sa boîte, j'ai immédiatement reconnu la figure humaine et ensuite l'oiseau couché sur le dos », a-t-il dit. « J'ai alors compris que je tenais dans ma main une pièce exceptionnelle, tant par le sujet représenté que par la qualité de la modélisation, créée il y a 12 000 ans. » L'analyse géochimique a montré que l'argile a été chauffée à environ 400 °C, et l'artiste a démontré une compétence dans la modélisation de l'anatomie et des effets de lumière. Une empreinte digitale sur la figurine appartient probablement au créateur, dont les petites mains suggèrent un adulte jeune ou une femme adulte.
Les chercheurs la considèrent comme la plus ancienne figurine d'interaction homme-animal connue, antérieure à des sculptures hybrides plus anciennes comme l'Homme Lion de 40 000 ans d'Allemagne, bien que celles-ci ne montrent pas d'interaction directe. Ils rejettent les interprétations littérales, comme une femme portant une oie morte. Au lieu de cela, Davin a expliqué : « Nous avons interprété la scène comme la représentation de l'accouplement imaginé entre un esprit animal et un humain. Ce thème est très courant dans les sociétés animistes à travers le monde dans des situations spécifiques telles que les rêves érotiques, les visions chamaniques et les mythes. » La posture de l'oie correspond à celle d'un jars en train de s'accoupler.
Cependant, Paul Taçon, de l'Université Griffith en Australie, a proposé une vue alternative. « En pensant à mon enfance au Canada et aux oies canadiennes, [cela] m'a rappelé comment elles attaquent quand elles sont en colère », a-t-il noté. « Quand vous vous retournez et courez, elles s'envolent et tentent d'atterrir sur votre dos pour picorer votre tête ou votre cou. Il se peut qu'une histoire sur une femme attaquée par une oie ait été représentée plutôt qu'une rencontre intime, mais nous ne saurons jamais le sens exact. »
Les résultats paraissent dans PNAS (DOI : 10.1073/pnas.2517509122).