Ce dimanche 8 mars 2026, 330 Français sont arrivés à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle après plus de 24 heures de voyage depuis Dubaï, via le sultanat d'Oman. Leur vol, affrété par le gouvernement français, a été le troisième de rapatriement civil en raison de la guerre en Iran. Les passagers ont témoigné d'un grand soulagement après des reports dus aux bombardements.
La guerre en Iran, qui a débuté le 28 février 2026, a entraîné la paralysie de l'espace aérien au Moyen-Orient, annulant des milliers de vols commerciaux. Face à cette situation, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a affrété plusieurs vols pour rapatrier les Français bloqués dans la région, notamment à Dubaï et Abou Dhabi.
Le vol du 8 mars marque le troisième rapatriement civil. Prévu pour jeudi soir depuis Dubaï, l'avion Air France a dû faire demi-tour en raison de tirs de missiles. Les 330 passagers ont ensuite été convoyés en bus pendant environ dix heures jusqu'à Mascate, au sultanat d'Oman, où ils ont embarqué sur un autre appareil à destination de Paris. L'arrivée à Roissy s'est effectuée à 5h20 du matin, après un passage frontalier difficile et un embarquement laborieux.
Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a accueilli les voyageurs et salué «la grande dignité» dont ils ont fait preuve. Interrogé sur France Info, il a décrit un «ascenseur émotionnel terrible» pour ces personnes, prêtes à partir depuis jeudi soir mais confrontées à des annulations répétées. «Pour la plupart, ils ont 24 heures de voyage, je dirais notamment avec une dizaine d’heures de bus entre Dubaï et le sultanat d’Oman», a-t-il ajouté.
Les rapatriés ont partagé leurs expériences. Philippe, un touriste revenant avec sa famille, a raconté à l'AFP avoir vu «les explosions dans le ciel» à Dubaï et subi «quatre fois des vols annulés» avant de prendre le bus. «J’avais envie de pleurer, de me retrouver chez moi en France avec la femme et le petit, à l’abri», a-t-il déclaré. Adrien, rapatrié depuis Abou Dhabi, a évoqué des «bombardements» et des «alertes sur les téléphones» réveillant en pleine nuit. Louis, un vacancier de Dubaï, a rapporté à RTL le soulagement collectif «lorsqu’on a vu qu’on était au-dessus de la Grèce».
Au total, sept vols ont été organisés depuis le début du conflit, dont deux civils Air France – l'un atterrissant mercredi avec 350 passagers – et trois militaires. Un quatrième vol militaire est prévu ce jour-là. Plus de 1 000 Français ont ainsi pu rentrer grâce à ces opérations gouvernementales. Concernant le financement, les billets sont facturés en dessous des prix du marché, les avions militaires sont gratuits, et un cofinancement européen reste peu exploité, la facture finale étant encore à déterminer.