La commission parlementaire d'enquête (CPI) sur le crime organisé au Brésil a rejeté mardi 14 avril le rapport final du sénateur Alessandro Vieira (MDB-SE), qui proposait l'inculpation de trois juges de la Cour suprême fédérale (STF) et du procureur général de la République. Le rapport a été rejeté par 6 voix contre 4 après des modifications dans la composition de la commission. Ces substitutions, favorables aux membres alignés sur le gouvernement, ont fait basculer l'issue du vote.
La CPI sur le crime organisé au Brésil a rejeté le rapport d'Alessandro Vieira par 6 voix contre 4. Le document proposait l'inculpation des juges du STF Alexandre de Moraes, Dias Toffoli et Gilmar Mendes, ainsi que du procureur général Paulo Gonet, pour des crimes de responsabilité liés à la Banco Master. Vieira affirmait que Moraes et Toffoli avaient agi de manière incompatible avec leurs fonctions en raison de leurs liens avec la banque, que Mendes avait suspendu des levées de secret bancaire pour protéger ses collègues et que Gonet avait omis d'enquêter.
Les changements de composition ont directement influé sur le résultat. Les sénateurs Sergio Moro (PL-PR) et Marcos do Val (Avante-ES), favorables au rapport, ont été remplacés par Beto Faro (PT-PA) et Teresa Leitão (PT-PE). Soraya Thronicke (PSB-MS) est devenue membre titulaire en remplacement de Jorge Kajuru (PSB-GO). Ont voté contre : Leitão, Faro, Soraya, Humberto Costa (PT-CE), Rogério Carvalho (PT-SE), Otto Alencar (PSD-BA). Ont voté pour : Vieira, Eduardo Girão (Novo-CE), Magno Malta (PL-ES), Esperidião Amin (PP-SC).
L'articulation a impliqué le gouvernement Lula, le président du Sénat Davi Alcolumbre (União Brasil-AP) et le STF. Le président du STF, Edson Fachin, a publié une note répudiant l'inclusion des ministres comme un « détournement de finalité » de la CPI, initialement créée pour enquêter sur le crime organisé suite à une opération policière meurtrière à Rio.
Vieira a défendu l'approche technique du rapport, qui proposait également de recréer le ministère de la Sécurité publique et une intervention à Rio. Avec ce rejet, le texte perd toute validité juridique.