Le Britannique Imran Ahmed attaque en justice les sanctions américaines sur les visas

Le Britannique Imran Ahmed, directeur du Center for Countering Digital Hate, a déposé plainte contre l'administration Trump pour des sanctions qui le menacent d'expulsion des États-Unis. Ces mesures visent cinq Européens accusés de censure contre les intérêts américains dans la régulation des géants de la tech. L'Union européenne condamne ces sanctions comme injustifiées et envisage une riposte.

Imran Ahmed, un Britannique d'origine afghane âgé de 47 ans, dirige le Center for Countering Digital Hate (CCDH), une ONG qui étudie les politiques de modération des grands réseaux sociaux. Résident permanent aux États-Unis depuis 2021 avec une carte verte, il vit avec son épouse et sa fille américaines. Le 24 décembre 2025, les États-Unis ont imposé des sanctions à cinq personnalités européennes, dont Ahmed, en les interdisant de visa et de séjour. Les autres visés sont Clare Melford, dirigeante de Global Disinformation Index (GDI) au Royaume-Uni, Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon de l'ONG allemande HateAid, ainsi que l'ancien commissaire européen français Thierry Breton.

Le gouvernement américain reproche à ces individus et à leurs organisations d'avoir milité contre la désinformation et les messages haineux en ligne, qualifiés de «censure extraterritoriale» nuisant aux intérêts américains. Plus précisément, le CCDH d'Ahmed a appelé les plateformes à déréférencer douze «anti-vax» américains, dont le ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr. Le secrétaire d'État Marco Rubio a justifié ces sanctions sur X, tandis que la sous-secrétaire d'État Sarah Rogers a détaillé les accusations.

Le 25 décembre 2025, Ahmed a déposé plainte devant un tribunal de New York, affirmant faire face à une «perspective imminente d'une arrestation anticonstitutionnelle, d'une détention punitive et d'une expulsion». La plainte vise Rubio, Rogers, les ministres de la Justice Pam Bondi et de la Sécurité intérieure Kristi Noem, ainsi que le directeur de l'ICE Todd Lyons. Le département d'État a répondu que les États-Unis n'ont «aucune obligation d’autoriser des étrangers à venir dans notre pays ou à y résider».

L'Union européenne a exigé des clarifications et condamné fermement ces sanctions «injustifiées». Depuis l'investiture de Donald Trump il y a onze mois, les tensions s'intensifient sur la régulation numérique, avec l'alliance entre la Maison-Blanche et la Silicon Valley contre les règles européennes comme le Digital Services Act (DSA). L'UE envisage de répliquer à ces attaques répétées.

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