Imran Ahmed, dirigeant du Center for Countering Digital Hate basé au Royaume-Uni et titulaire d’une carte de résident permanent aux États-Unis, a attaqué le gouvernement américain en justice pour les interdictions d’entrée imposées la semaine dernière à lui-même et à quatre autres Européens luttant contre la haine en ligne, dont les responsables de HateAid. Un juge fédéral a émis une injonction temporaire bloquant son arrestation ou sa déportation.
À la suite de l’annonce du département d’État américain le 24 décembre d’interdictions d’entrée visant des militants européens accusés de liens avec un « complexe mondial de censure », Imran Ahmed – qui dirige le Center for Countering Digital Hate (CCDH) à Londres et Washington D.C. – a déposé un recours contestant sa déportation. Ahmed a déclaré : « Je me bats contre ma déportation illégale de mon pays d’origine. »
Le recours vise le secrétaire d’État Marco Rubio, la sous-secrétaire Sarah Rogers, l’attorney general Pam Bondi et la secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem. Le gouvernement a qualifié Ahmed et d’autres – l’activiste britannique Clare Melford (Global Disinformation Index), les directrices de HateAid Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, ainsi que l’ancien commissaire européen Thierry Breton – de « militants radicaux » sans preuve. Rogers avait auparavant qualifié Ahmed d’« accomplice clé » dans des actions contre les citoyens américains.
Des responsables allemands ont critiqué ces interdictions : le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul (CDU) les a jugées « inacceptables », tandis que la ministre de la Justice Stefanie Hubig (SPD) a promis son soutien, rejetant les accusations de censure. Ces mesures sont liées à l’application par l’UE du Digital Services Act (DSA) contre des plateformes comme X, qui a récemment écopé d’une amende de 120 millions d’euros.
Un juge fédéral a accordé une injonction temporaire contre l’arrestation ou la déportation d’Ahmed, avec une audience prévue lundi. Le département d’État n’a pas commenté.