Les États-Unis ont imposé des sanctions contre l'ancien commissaire européen Thierry Breton et quatre autres personnalités européennes engagées dans la régulation des technologies, les accusant de censure extraterritoriale. Ces mesures, annoncées le 23 décembre 2025, visent des efforts pour contrer la désinformation et la haine en ligne via le Digital Services Act (DSA). Emmanuel Macron a dénoncé une intimidation contre la souveraineté numérique européenne.
Le 23 décembre 2025, l'administration Trump a annoncé des restrictions de visa contre cinq Européens, dont l'ancien commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton, en les qualifiant d'«idéologues» orchestrant une «censure extraterritoriale» contre les plateformes américaines. Ces sanctions s'inscrivent dans le sillage d'une amende de 120 millions d'euros infligée début décembre à X, le réseau social d'Elon Musk, pour non-respect du DSA, un règlement européen adopté en 2022 pour imposer une vigilance accrue contre les contenus illicites et la désinformation.
Thierry Breton, en poste de 2019 à 2024, a été un architecte clé du DSA, militant pour son application stricte, ce qui lui a valu les critiques de la sphère MAGA. Les quatre autres sanctionnés sont des représentants d'ONG : Imran Ahmed, fondateur du Center for Countering Digital Hate au Royaume-Uni, qui combat la haine numérique ; Clare Melford, cofondatrice du Global Disinformation Index, évaluant les risques de désinformation en ligne ; et Anna-Lena von Hodenberg et Josephine Ballon, dirigeantes de HateAid en Allemagne, offrant un soutien juridique aux victimes de harcèlement et de fausses informations.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré : «L’administration Trump ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale», menaçant d'élargir la liste. De son côté, Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé américain connu pour ses positions vaccinosceptiques, s'est félicité sur X des sanctions, affirmant : «Une fois de plus, les États-Unis sont le paradis de la liberté d’expression !».
En Europe, les réactions sont unanimes. Emmanuel Macron a posté sur X : «La France dénonce les décisions de restriction de visa [...] qui relèvent de l’intimidation et de la coercition à l’encontre de la souveraineté numérique européenne». Il a rappelé que le DSA, adopté démocratiquement, garantit une concurrence loyale sans viser de pays tiers. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a ajouté : «Les peuples de l’Europe sont libres et souverains et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique».
L'eurodéputée Nathalie Loiseau a suggéré une contre-mesure : refuser l'entrée en Europe à Robert F. Kennedy Jr., accusé de «répandre des fausses rumeurs préjudiciables à la santé mondiale». Des anciens ambassadeurs français comme Michel Duclos et Gérard Araud appellent à se préparer à une escalade, avec possibles refus de visas ou sanctions financières. Ces sanctions, rares entre alliés transatlantiques, soulignent une rupture profonde sur la régulation numérique.