Le président de la Chambre des députés, Hugo Motta (Republicanos-PB), a réservé une semaine avec vote à distance pour examiner des projets de loi contre les violences faites aux femmes, après un record de féminicides sur les dix dernières années. L'ordre du jour a été indiqué par le bloc des femmes en hommage à la Journée internationale des femmes, célébrée le 8 mars. Bien que certains projets aient déjà été approuvés, les députées critiquent le format allégé, qui réduit les débats en présentiel.
La décision de Hugo Motta intervient dans un contexte d'augmentation alarmante des violences de genre au Brésil. En 2025, au moins 1 470 féminicides ont été enregistrés, portant le total depuis la classification du crime en 2015 à 13 448 victimes, selon le ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Une enquête du Forum brésilien de sécurité publique indique que 13,1 % des victimes de féminicide bénéficiaient d'une protection judiciaire active au moment du crime. nnLa semaine en question, du 9 au 13 mars 2026, permet le vote à distance en raison de la fenêtre partidária, qui a commencé le 5 mars et se termine le 4 avril. Cette période facilite les changements de parti sans perte de mandat, avec l'attente que au moins 10 % du Congrès change d'affiliation. Le système de vote en ligne, mis en place pendant la pandémie de Covid-19 en mars 2020, réduit la présence physique à Brasília, limitant les discussions en plénière. nnLe bloc des femmes a priorisé des projets de loi axés sur la lutte contre les violences. Le mardi (10), un projet de loi a été approuvé imposant le suivi par bracelet électronique de cheville pour les agresseurs et augmentant la dotation du Fonds national de sécurité publique (FNSP) de 5 % à 6 % pour les actions contre les violences de genre. Le projet passe au Sénat. Une autre approbation récente, de la semaine précédente, a créé un protocole pour l'accueil des victimes de viol. nnPour le mercredi (11), l'examen est prévu d'un projet de loi autorisant la commercialisation et le port du spray au poivre, actuellement réglementé. En février, la Chambre municipale de Porto Velho (RO) a approuvé l'usage local du produit. L'ordre du jour inclut aussi la régulation de la profession de doula et des votes en commission de la Constitution et de la Justice (CCJ), comme la création du crime de violence institutionnelle dans les établissements privés et des circonstances aggravantes pour la revictimisation des victimes de violences domestiques. nnLes députées Talíria Petrone (Psol-RJ) et Laura Carneiro (PSD-RJ), coordinatrices du bloc, divergent sur le format. Petrone critique la « minimisation » des ordres du jour : « Cela se passe dans un pays où une femme est victime de violence domestique toutes les deux minutes et où au moins six femmes sont assassinées chaque jour pour le seul fait d'être femmes. C'est un ordre du jour démocratique et non un ordre du jour spécifique aux femmes. » Carneiro met l'accent sur les approbations : « L'important, c'est l'approbation des sujets. » Motta réaffirme l'engagement continu : « C'est un engagement de mandat, comme le prouvent les plus de 50 projets d'intérêt pour le bloc des femmes approuvés l'année dernière. » Les députées soutiennent que l'ordre du jour ne devrait pas se limiter à mars.