Le Sénat du Brésil a approuvé ce mercredi 25 mars un projet de loi classant le vicaricídio comme crime odieux, passible de 20 à 40 ans de prison. Inspiré par le meurtre de deux frères à Itumbiara (GO), le texte intègre la loi Maria da Penha et attend désormais la sanction présidentielle.
Le Sénat fédéral du Brésil a approuvé le 25 mars 2026 un projet de loi définissant le « vicaricídio » — le meurtre des enfants, beaux-enfants ou proches d'une femme dans le but de la punir ou de la contrôler — comme un crime odieux. La peine encourue est de 20 à 40 ans de réclusion assortie d'une amende, dépassant celle prévue pour l'homicide qualifié (12 à 30 ans). Proposé par la députée Laura Carneiro (PSD-RJ) et rapporté par la sénatrice Margareth Buzetti (PP-MT), le texte modifie le Code pénal, la loi Maria da Penha et la loi sur les crimes odieux. Il a été adopté par vote symbolique, malgré l'opposition du bloc Republicanos, et est transmis au président Lula (PT) pour sanction après son approbation par la Chambre des députés la semaine dernière. La rapporteure a souhaité en faire un type pénal autonome afin de faciliter l'enregistrement et les statistiques, arguant que cela comble des lacunes juridiques et renforce la prévention. « En reconnaissant expressément cette pratique dans le système juridique et en calibrant les conséquences pénales et protectrices, ces projets de loi corrigent une faille qui repose aujourd'hui sur des dispositifs interprétatifs incohérents », a déclaré Mme Buzetti. Les peines sont augmentées d'un tiers à la moitié si le crime est commis en présence de la femme, contre des enfants, des personnes âgées ou handicapées, ou en violation de mesures de protection. L'élan a été suscité par l'affaire d'Itumbiara le 11 février : le secrétaire municipal Thales Machado a tué ses fils Miguel (12 ans) et Benício (8 ans) pendant leur sommeil, envoyant des photos à son épouse Sarah Araújo — fille du maire Dione Araújo (União Brasil) — avant de se donner la mort. Dans une lettre posthume, il invoquait des problèmes conjugaux et des soupçons d'infidélité. Lors du débat, la sénatrice Damares Alves (Republicanos-DF) a interrogé la couverture des cas où des femmes s'en prennent aux enfants pour cibler leurs maris ; Mme Buzetti a rétorqué que les cas masculins prédominent et que d'autres dispositions pénales s'appliquent inversement. À la Chambre, le PL a qualifié le texte de « misandre », selon les termes du député Carlos Jordy (PL-SP).