Le tribunal administratif de Cologne a statué en procédure accélérée que l’Office fédéral de protection de la Constitution ne peut pas classer l’AfD comme extrémiste de droite avéré pour le moment. La décision est provisoire, et la procédure principale est encore en attente. Les politiques de divers partis réagissent avec prudence, tandis que l’AfD salue l’arrêt comme une victoire.
Le tribunal administratif de Cologne a statué jeudi en procédure accélérée initiée par l’AfD que l’Office fédéral de protection de la Constitution ne peut pas classer le parti comme « extrémiste de droite avéré » pour le moment. Le tribunal a constaté qu’il existe au sein de l’AfD des efforts contre l’ordre démocratique fondamental libre avec une certitude suffisante. Cependant, le parti n’est pas structuré de manière à présenter une tendance de base hostile à la Constitution dans l’ensemble. Les juges n’ont donc pas suivi l’évaluation de l’Office fédéral de mai de l’année précédente, qui considérait l’AfD comme extrémiste avéré. L’AfD voit dans cette décision provisoire un grand succès. La cheffe de parti Alice Weidel l’a qualifiée de « grande victoire non seulement pour l’AfD, mais aussi pour la démocratie et l’État de droit » et a déclaré qu’elle met un terme aux « fanatiques de l’interdiction ». Le co-leader Tino Chrupalla a souligné que l’arrêt montre qu’on ne peut pas éliminer une opposition de cette manière, la qualifiant d’« succès provisoire ». Les autres partis réagissent avec prudence. Le ministre fédéral de l’Intérieur Alexander Dobrindt (CSU) a pris acte de la décision mais a rappelé que la classification comme cas suspect d’extrémisme de droite reste en vigueur. Le chef des Gauche Jan van Aken l’a minimisée : « Le tribunal n’a pas évalué les discours haineux méprisants de l’AfD et n’a pas dit que l’AfD n’est pas extrémiste de droite. Il a seulement été établi que nous devons d’abord attendre la procédure principale. » Le ministre de l’Intérieur de Thuringe Georg Maier (SPD) plaide pour l’interdiction d’associations régionales de l’AfD, comme en Thuringe, et a insisté sur le fait que le fort soupçon persiste. Un commentaire de Handelsblatt voit dans la décision une libération politique pour l’AfD mais note que le tribunal a critiqué des positions du parti heurtant la dignité humaine, comme les exigences d’interdiction des minarets ou des voiles. Une interdiction du parti est ainsi repoussée dans un avenir lointain.