La commune néerlandaise de Lochem prévoit de verser jusqu'à 1000 euros aux résidents près d'un hébergement pour demandeurs d'asile pour des mesures de sécurité telles que des caméras ou de l'éclairage. Le plan fait l'objet de critiques pour discrimination potentielle envers les réfugiés. Il vise à apaiser les craintes des résidents mais est perçu comme un vote de défiance envers les habitants de l'hébergement.
Dans la commune de Lochem, qui compte environ 34 000 habitants et se trouve à environ 40 kilomètres de la frontière allemande, un hébergement pour demandeurs d'asile abrite actuellement 65 jeunes réfugiés âgés de 15 à 18 ans. 185 autres devraient arriver dans les mois à venir, portant la capacité à 250. Il y a deux ans, des problèmes avec d'anciens résidents ont alimenté les inquiétudes des voisins. nnBertus Karssenberg, chef de file de la faction du parti «Mitdenken mit Lochem», insiste : «Ce sont de bonnes personnes.» Il soutient néanmoins le plan de subvention jusqu'à 1000 euros pour des mesures de sécurité domiciliaires comme des caméras de surveillance ou un meilleur éclairage extérieur. Les dépenses seront strictement contrôlées. Le conseil municipal prévoit une discussion supplémentaire la semaine prochaine et un vote en mars. Le budget s'élève à 24 000 euros, couvrant au maximum 24 ménages. nnLa proposition a attiré l'attention nationale. Le PVV anti-immigration de Geert Wilders l'a qualifiée de «preuve que les demandeurs d'asile causent structurellement du harcèlement, de l'intimidation, des menaces et de l'insécurité». Les critiques y voient de la discrimination. L'expert en migration Carolus Grütters de l'université Radboud a déclaré à «de Volkskrant» : «Cela stigmatise un groupe comme criminel. Ces personnes se sentent exclues et méfiées dès le départ.» nnMartine Willems de la PvdA l'a qualifié de «discrimination claire» dans un entretien avec RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND), car il présume un comportement criminel massif des résidents. Elle a noté que les jeunes réfugiés fréquentent l'école et bénéficient d'initiatives d'intégration : «Il y a beaucoup ici qui favorise l'intégration. On ne peut pas en dire autant du plan à 1000 euros.» Le politicien local Guido de Wit l'a décrit comme un «signal empoisonné». Un résident a déclaré : «Nous ne voulons pas du tout ces 1000 euros.» nnCe plan intervient dans le contexte d'une loi néerlandaise de 2024 sur la répartition équitable des demandeurs d'asile en raison des conditions dans le centre de réception de Ter Apel. Le nombre de réfugiés a diminué, et le nouveau gouvernement dirigé par le Premier ministre Rob Jetten (D66) priorise des questions comme les coûts de la santé et la crise du logement plutôt que la migration. Dans d'autres communes comme Molenlanden, les protestations contre les centres d'asile ont dégénéré en violence contre la police.