La Cour suprême des États-Unis a jugé illégaux la plupart des tarifs douaniers imposés par Donald Trump, remettant en cause l’accord de Turnberry conclu en juillet 2025. Le Parlement européen a suspendu sa mise en œuvre en attendant des clarifications de Washington. Trump a menacé de droits de douane plus élevés en cas d’exploitation de cette décision.
L’accord de Turnberry, négocié en juillet 2025 au golf de Turnberry en Écosse, a été arraché sous la menace d’une surtaxe américaine de 30 % sur les importations. Donald Trump y a obtenu la suppression des droits de douane européens sur les produits industriels américains, en échange d’un tarif minimum de 15 % sur la plupart des exportations européennes vers les États-Unis. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, y a été convoquée par Trump, qui s’est targué d’avoir signé « le plus grand accord jamais conclu ».
Perçu comme une capitulation pour l’Europe, cet accord-cadre transatlantique a suscité une indignation immédiate, qualifié de « honte » et « humiliation ». Vendredi dernier, la Cour suprême des États-Unis, par une décision à six voix contre trois, a invalidé une grande partie de ces tarifs douaniers « réciproques » imposés à l’Union européenne, au Canada, au Mexique et à d’autres pays.
En réponse, le Parlement européen a annoncé lundi la suspension de la mise en œuvre de l’accord, dans l’attente d’éclaircissements de Washington. Trump a réagi en fin de journée en avertissant que toute tentative d’exploiter la décision judiciaire entraînerait des droits de douane « beaucoup plus élevés ». Le sort de cet accord reste incertain, alors que l’Europe envisage des mesures de rétorsion potentielles.